RDC-Autour de la machine à voter : qui joue le franc jeu ?

RDC-Autour de la machine à voter : qui joue le franc jeu ?

En RDC, tout est hésitant : la démocratie, le développement dans les différents secteurs autant que l’organisation des élections qui, respectant le cycle électoral tel que prévu par la CENI, devraient être organisées depuis fin 2016. Fort malheureusement,  et  la ruse politicienne faisant,  pour la conservation du pouvoir, nous sommes déjà en 2018,  sans trop de garantie pour que les élections se tiennent  en date du 23 décembre selon le calendrier de la CENI, cette institution d’appui à la démocratie. La RDC étant un pays stratégique en particulier à cause de ses nombreuses ressources du sol et du sous-sol, il en va de soi que la Communauté internationale s’y penche avant que la situation ne tourne autrement. Les investisseurs venus nombreux ces dernières années craignent eux aussi pour leurs investissements !  Il faut donc des élections apaisées.

C’est dans le cadre de chercher des voies et moyens pour aplanir la situation que le Conseil de Sécurité des Nations Unies  a envoyé à Kinshasa une délégation de 15 ambassadeurs pour une mission de deux jours. Cette mission  a achevé sa visite le dimanche 7 octobre dernier. Pendant deux jours, ces  ambassadeurs ont rencontré Joseph Kabila le président sortant, les candidats à la présidentielle, Corneille Nangaa, le président de la CEN, la société civile et la MONUSCO. L’objectif : accompagner le processus électoral pour la tenue d’élections crédibles et apaisées prévues le 23 décembre prochain.

Au cours de la conférence de presse tenue le dimanche même au quartier général de la MONUSCO à Kinshasa à l’ issue de cette visite, les membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont estimé qu’il y a nécessité pour les acteurs politiques congolais de dialoguer en vue d’un consensus autour de la machine à voter dont l’intrusion dans le processus électoral n’est soutenu par aucune loi claire hormis la complicité de la CENI et de la Majorité présidentielle.

François Delattre, ambassadeur, représentant permanent de la France auprès de l’Organisation des Nations Unies a indiqué au cours cette conférence de presse  que la position du  Conseil de Sécurité  demeure le consensus le plus large possible à travers lequel les acteurs politiques pourront organiser  les conditions  pour des élections réellement crédibles et transparentes se déroulant dans un climat apaisé.

Après les différents entretiens, la délégation du Conseil de Sécurité des Nations Unies a révélé  que toutes les parties prenantes au processus électoral sont déterminées à aller aux élections pour une première transition pacifique du pouvoir en RDC entre Joseph Kabila, le président sortant, et le prochain président qui devra être le résultat des élections dignes et non le transfert du pouvoir d’ Etat à un quelconque dauphin, l’ émanation d’ une volonté individuelle, dictatoriale  au sein d’ un quelconque regroupement politique, ces faits privés dans un Etat en occurrence la RDC.  D’ ailleurs, de l’avis de plusieurs dont l’ambassadeur de la France à l’ONU qui a conduit cette délégation, la remise-reprise tant attendue sera une opportunité historique à saisir. Un homme d’Etat comprendrait facilement la pertinence de cette opération ; un simple politicien à l’affut de ses propres intérêts s’en passera sans gêne.

Après sa réunion avec les membres de conseil de sécurité des nations unies, l’opposition congolaise a réaffirmé quant à elle sa volonté d’aller aux élections, mais sans la machine à voter. Aussi, les opposants Congolais insistent-ils sur l’inclusivité du processus électoral.  Pour eux,  la mise a l’écart de la machine à voter est un préalable pour aller aux élections. Ils soutiennent leur thèse par le fait que le vote électronique n’est pas prévu dans la loi électorale. Le risque de la tricherie devenue presque  à la mode lors des élections en RDC est à redouter.

Ces leaders, qui se disent prêts à aller aux élections, attendent avoir des garanties pour des scrutins crédibles. Ils en appellent donc à l’implication attendue du Conseil de Sécurité. Celui-ci a aussi réitéré son engagement à appuyer le processus électoral tout en recommandant  le respect des libertés fondamentales pour l’expression de différentes sensibilités politiques.

Le recours à la technologie de vote par écran tactile  a été également dans l’agenda de la réunion entre les candidats à la présidentielle et Corneille Nangaa, président de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI). Face à l’absence du consensus, les deux parties ont  décidé de mettre en place une commission technique pour poursuivre les discussions. Pour Corneille Nangaa, “La commission technique ne vient pas pour négocier les décisions de la CENI. Elle vient pour procéder aux vérifications  approfondies qui ont été exigées par les recommandations de l’Organisation Internationale de la Francophonie(OIF) et de la Fondation britannique en ce qui concerne la machine à voter”, a-t-il nuancé en  réponse à une question lui posée par un média, à l’occasion de la réception du premier lot de machines à voter.

Profitant de leur visite à Kinshasa, les émissaires des Nations Unies ont réitéré la disposition de la Monusco à répondre à toute demande de soutien logistique à l’organisation des élections dès que la République Démocratique du Congo en exprimerait le besoin. Elle apportera tout son soutien dans les termes de son mandat. Mais Kinshasa maintient son refus sous prétexte que c’est de l’ingérence !

Voilà pourquoi Joseph Kabila a répété son intention de financer ce scrutin sans l’aide internationale. Toutefois, un appui logistique de la Monusco reste envisageable, « si nécessaire ». Encore faudrait-il que cette demande ne soit pas formulée trop tard par ruse juste dans l’intension de prolonger la prolongation qui est déjà fatigante pour la population.

 

 

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