Lubumbashi: viols et menaces des morts sur des détenues femmes à la prison de Kasapa

Des femmes sont exposées au viol et autre traitements inhumains à la prison centrale de Kasapa à Lubumbashi. L’alerte est lancée par l’ONG GANVE (Groupe d’Action Non-violence Evangélique) qui dénonce les viols collectifs et exploitation sexuelle dont sont victimes les détenues femmes depuis les émeutes du 25/09/2020 dans cette maison carcérale
Dans un communiqué de presse publié ce mardi, Maitre Emmanuel Kifungo, coordonnateur de GANVE affirme qu’après avoir brulé et saccagé le pavillon détenues femmes et leurs enfants qui les accompagnent le vendredi dernier par un groupe des prisonniers armés des machettes et couteaux neufs venus de l’extérieure la prison, et ravitailler en carburant .Les femmes se sont retrouvées sans abris. Depuis lors, »elles partagent le même enclos avec les détenus de sexe masculin », déclare Maitre Emmanuel Kifungo.
Ces femmes ,une cinquantaine , sont systématiquement violées collectivement avec violence et menace de mort. Elles sont aussi soumis à l’exploitation sexuelle. Les prisonniers hommes présentent aux femmes la machette et leur disent » Choisissez entre la mort et l’acte sexuel » indique Me Emmanuel . Les femmes vulnérables sont obligées de choisir la vie en cédant au viol . Celles qui ont tenté de résister se sont vues agresser et certaines sont blessés , précise l’ong. Et comme si cela ne suffisait par un prisonnier auto proclamé chef des détenus a ravi aux détenues femmes leurs téléphones. Elles sont donc coupées de toute communication que ce soit avec leurs familles ou avec leurs avocats conseils. L’ong GANVE déplore que ces cas de viol massif continuent sous l’œil impuissant et complice des autorités tant civiles que militaires du HAUT-KATANGA.
Le directeur de la prison de Kasapa, affirme pour sa part tenter de minimiser les faits. Il parle d’une simple menace de viol selon les informations en sa possession. Il ajoute qu’il a entamé des discussions ce mardi avec la ministre provinciale du genre en vue de voir les possibilités d’améliorer les conditions de détention de ces femmes après le destruction de leur dortoir .
Il confirme cependant que ces femmes passent la nuit dans un pavillon sans toiture ni porte ,ni fenetres puisque tout a été détruit , elles sont exposées ainsi aux intempéries.
Maitre Sylvie Nkolomoni présidente de l’ONG la Voix du Savoir (LAVOS) une structure qui milite pour la promotion et la défense des droits de la femme et des enfants , hausse le ton. »Il faut séparer ces femmes d’avec les prisonniers hommes. Il faut reconstruire leur abris et le plut tôt serait le mieux pour agir . Tant que ces femmes ne seront pas séparées des hommes, on peut leur donner des médicaments, de la ration alimentaire mais ca ne changera pas grand chose » déclare-t-elle .
Elle lance un appel d’abord à toutes les femmes. » Imaginez que ce soit vous dans cette situation, que feriez vous ? Mobilisons nous avec nos moyens du bord pour réunir des moyens afin de reconstruire le dortoir de ces victimes » Elle annonce qu’une structure sera mise en place très rapidement en vue de lancer l’opération de collecte des fonds et biens en faveur des détenues femmes de la prison de Kasapa.
Elle appelle aussi les autorités provinciales à agir le plus rapidement possible pour assurer la sécurité de ces femmes au de la de la prise en charge holistique.