Lubumbashi : le centre-ville assaini des motocyclistes

Lubumbashi : le centre-ville assaini des motocyclistes

La mairie de Lubumbashi relance ce jeudi 08 janvier 2025 l’opération dénommée « centre-ville sans moto ». Cette opération interdit la circulation des taxis motos au centre-ville de la capitale du cuivre. Selon l’hôtel de ville, cette mesure vise à désengorger le centre-ville des embouteillages et ainsi y mettre de l’ordre.

En effet, c’est vers 06 heures du matin de ce jeudi 08 janvier que les inspecteurs urbains sont déployés sur les différents coins du centre-ville de Lubumbashi. Ces derniers sont déployés sur le terrain avec une seule mission. C’est celle de faire respecter les nouvelles limites décidées par l’autorité urbaine. De ce fait, le constat fait au centre-ville dans l’avant-midi note le respect de limites de l’autorité. Toutefois, des dizaines de motos de récalcitrants sont saisies. Elles sont gardées à la fourrière de l’hôtel de ville. D’après l’arrêté du maire, toute moto saisie ne sera pas reprise par son propriétaire.

L’autorité urbaine reste ferme

Par ailleurs, Joyce Tunda Chansa, maire par intérim de la ville de Lubumbashi, est allée à la rencontre des taximen-motos. L’autorité urbaine a encore sensibilisé les motocyclistes au respect des limites. En outre, ces motocyclistes sont allés plaider leur situation auprès de l’autorité sans succès. « Ma moto a été saisie sur l’avenue Kasavubu. C’est de manière brutale que j’ai été arrêté par des personnes habillées en tenue civile qui se sont présentées comme des inspecteurs », déplore John Mutombo. Celui-ci affirme n’avoir pas suivi le message de l’autorité interdisant la circulation des motos au centre-ville.

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Pour la société civile du Haut-Katanga, la mesure est bonne. Toutefois, elle attire l’attention de l’autorité urbaine sur deux faits. « L’hôtel de ville doit bien sélectionner ses inspecteurs. Car, il y a des inspecteurs déployés sur le terrain qui sont brutaux », a dit Jean Félix Tshamala, membre du cadre de concertation de la société civile. Et de renchérir : « Il faut aussi tenir compte des motocyclistes qui utilisent les motos pour se rendre au service. »

De son côté, le criminologue Philly Ntumba estime que les mesures administratives doivent être bien étudiées. « Le phénomène de taxi moto n’a pas commencé aujourd’hui au centre-ville. Il faut autoriser les motards à travailler même au centre-ville », dit-il. Et d’ajouter : « Les motards peuvent travailler sans mettre de parking en ville. »
Celui-ci estime que la seule manière d’éloigner les motocyclistes du centre-ville, c’est de créer des transports urbains.

Des nouvelles délimitations

Le nouvel arrêt nᵒ 01/BUR-Mairie/Ville/Lshi/2026 de l’autorité urbaine propose des nouvelles délimitations aux taxis-motos. Au nord de Lubumbashi, les motocyclistes ne doivent pas franchir l’avenue Kambove. Au sud, ils doivent respecter l’avenue Likasi. Et à l’EST, les motards sont autorisés à déposer leurs clients au niveau de l’arrêt des Grands Bus Tunnel (Sakania, Mokambo) vers la chaussée Laurent-Desiré Kabila. Enfin à l’Ouest, ces derniers sont autorisés à Kamanyola à s’arrêter aux croisements des avenues Kamanyola et Chaussée Laurent-Désiré Kabila, référence Jardin zoologique. Il y a l’avenue Adoula Moero à la référence du terminal de Ratco.