RDC: augmentation de 28% des cas de violences sexuelles ( BCNUDH)

RDC:  augmentation de 28% des cas de violences sexuelles ( BCNUDH)

Les femmes et les filles sont de plus en plus victimes des violences sexuelles en RDC. Dans son rapport publié le 20 janvier 2026, le BCNUDH  a documenté l’augmentation de plus de 28% de cas des violences sexuelles au mois de novembre dernier. Les femmes vivant dans les provinces de l’est sont beaucoup plus touchées que celles des autres parties du pays.

Le Bureau Conjoint des Nations unies aux Droits  de l’homme (BCNUDH) a rendu public son rapport du mois de novembre 2025. Ledit rapport dresse une situation préoccupante, principalement dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu mais aussi de l’Ituri.  Ce rapport évoque également les affrontements entre les forces armées nationales et les groupes armés.

Le BCNUDH a documenté 542 violations et atteintes aux droits humains représentant une augmentation de 28% comparé au mois d’octobre. Au moins 91 % de ces violations et atteintes ont été enregistrées dans les zones touchées par le conflit armé. Les Provinces du Nord-Kivu (326 cas), du Sud-Kivu (95) et de l’Ituri (62) étant les plus affectées. La majorité de ces violations et atteintes (78 %) sont imputables aux groupes armés.

Selon un autre rapport de l’UNICEF publié le 30 décembre, plus de 35 000 cas de violences sexuelles contre les enfants ont été officiellement enregistrés en RDC entre janvier et septembre 2025. En 2024 , près de 45 000 cas avaient déjà été recensés. Ces chiffres, tirés des données administratives nationales et onusiennes, donnent l’illusion d’une réalité maîtrisée. Pourtant, ils ne représentent que la partie visible de l’iceberg.

Lire le détail: des chiffres alarmant sur les violences sexuelles sur les enfants

Les femmes et les filles toujours en proie des violences sexuelles

Dans son rapport, le BCNUDH a documenté 58 incidents de violences sexuelles liés aux conflits. Ces violences ont affecté 91 victimes dont 72 femmes et 19 filles. Le Nord Kivu est en tête avec 56 victimes, suivies du Sud Kivu avec 23 victimes, contre 10 cas en Ituri et le Maniema 2 victimes. Cependant, les groupes armés ont été responsables de 85 % des victimes, notamment le M23, les  Wazalendo et les ADF.

Par ailleurs, les agents de l’Etat ont été impliqués dans des cas de violences sexuelles à l’encontre de 14 victimes. Toutes ces violations sont attribuables aux FARDC. Parmi les 57 incidents documentés, les typologies des actes de viols se répartissent comme suit : 42 victimes de viol et 49 victimes de viols collectifs.

Le BCNUDH contribue à la  lutte contre ces violences perpétrées également par les forces de l’ordre. C’est dans ce cadre qu’il a organisé des formations sur l’étendue du pays. Au cours du mois de novembre par exemple, six formations ont été organisées sur l’ensemble du territoire. Il s’agissait également de formation et de sensibilisation au profit de 350 personnes, dont 103 femmes. Ces activités de promotion de droits humains ont ciblé notamment des autorités étatiques, ainsi que des membres des forces de défense et sécurité congolaises.

D’ailleurs la dernière formation a eu lieu du 26 au 28 novembre 2025, à Lubumbashi. Le BCNUDH avait axé sa formation sur la prévention et la lutte contre les violences sexuelles liées aux conflits. Elle portait en outre sur la prévention du recrutement et de l’utilisation d’enfants par les FARDC et les groupes armés.