Kakanda : le marché Kouvas non fréquenté par des vendeurs
Depuis environ 2 ans, le marché Kouvas construit dans la cité minière de Kakanda dans le territoire de Lubudi ,province du Lualaba , ne reçoit aucun vendeur. Ce marché est l’œuvre du bureau de la chefferie de Bayeke. La non-fréquentation de ce marché par les vendeurs, suscite des inquiétudes sur la perte des fonds alloués à cette infrastructure commerciale.
En effet, ce marché dit moderne comprend un seul hangar entouré des quelques bâtisses qui serviront de boutique. À l’intérieur, quelques étalages sont prêts à accueillir des marchandises. A ce jour, ce lieu de négoce est non exploité. Il est par contre envahi par des herbes. Pourtant ce marché est construit grâce aux fonds de la redevance minière.
Dieudonné Musodi, ancien député du territoire de Lubudi estime que les fonds alloués à la construction de cette infrastructure sont jetés par la fenêtre. Car selon lui, les travaux auraient coûté plus de 500 000 dollars américains. « Malgré les moyens financiers engagés, ce marché n’a encore servi à rien. Il est vide et rempli d’herbes », déplore-t-il.
Des raisons ?
Selon un habitant de la cité de Kakanda, plusieurs raisons justifient la non-fréquentation du marché Kouvas. C’est notamment son emplacement. « Ce marché est construit dans la périphérie de la cité. Les vendeurs préfèrent le centre commercial où ils ont plus de clients, affirme cet habitant.
Un autre motif serait le cout d’accès à ce centre de négoce, jugé exorbitant par les vendeurs. Il n’est pas accessible à toutes les bourses, soutient notre source. « Pour avoir un étalage dans cet hangar, il faut payer 50 dollars. Pour les boutiques, c’est 100 dollars américains.»
La chefferie éclaire l’opinion
De son côté, Guy Shahema Mutshimbo, représentant de la chefferie de Bayeke à Kakanda, évoque des aspects qui bloquent l’ouverture de ce marché. « Le réalisateur du projet avait omis l’installation du courant électrique.» Et de renchérir : « Cet aspect décourage plusieurs commerçants. Ces derniers ne savent pas s’engager dans ce lieu de négoce avec par exemple des vivres frais sans électricité. » Guy Shahema précise cependant que les techniciens travaillent sur le raccordement du courant électrique dans ce marché.
S’agissant des conditions d’accès à ce marché, le délégué de la chefferie rassure les commerçants de kakanda. « La somme exigée est à verser une fois par an comme frais de location de l’étalage ou de la boutique. Cela représente moins de 10$ par mois » dit-il.
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Par ailleurs, un autre habitant de la cité de Kakanda déplore le manque de consultation de la population par la chefferie. « Avant d’initier tout projet d’intérêt communautaire, il faut toujours en discuter avec les bénéficiaires. Malheureusement le lieu de négoce est construit sans que la population soit consultée au préalable. » Cet habitant indique que la cité de Kakanda compte déjà un autre grand marché. Pour lui, la construction du deuxième marché n’était pas une priorité.

