Kamina affectée par des coupures prolongées d’électricité

Kamina affectée par des coupures prolongées d’électricité

Depuis près de dix ans, la ville de Kamina, chef-lieu de la province du Haut-Lomami, traverse une crise énergétique persistante. Elle se manifeste par des coupures générales d’électricité qui durent parfois une semaine, un mois, voire une année entière.

Les faits parlent d’eux-mêmes. Des nuits passées dans le noir, des journées sans électricité… Des ateliers et de petites unités commerciales qui ne fonctionnent qu’avec des groupes électrogènes…Les coupures de fourniture en électricité à Kamina sont un véritable casse-tête.

En effet, depuis 2016, les interruptions prolongées du courant électrique sont devenues récurrentes à Kamina. Il est même difficile de les comptabiliser avec précision. Entre 2016 et 2026, cette ville située à près de 600 kilomètres au nord de Lubumbashi a été plongée à plusieurs reprises dans le noir.

Des pannes qui se répètent aux mêmes endroits

En 2018, par exemple, la ville est restée sans électricité pendant quatre jours. Selon la SNEL, la panne était liée au manque d’entretien de la centrale de Kilubi, située à 135 kilomètres de Kamina. Sur les 16 bielles que compte la centrale, 11 étaient endommagées.

Puis arrive 2019. Une forte pluie s’abat sur la ville. Des fils conducteurs haute tension sont brûlés et huit pylônes se sont écroulés sur la ligne reliant la centrale de Kilubi à la base militaire de Kamina. Il a fallu plusieurs jours de travaux et la mobilisation des moyens financiers importants afin de rétablir le courant électrique.

Cependant, la situation ne s’améliore pas. En 2022, entre le mois de janvier et de mars ,une nouvelle coupure de câble est signalée au village Mwitobwe, sur l’axe du barrage de Kilubi. Kamina replonge dans le noir pendant près de trois mois. Plus grave encore, la panne survenue en 2024 provoque une coupure générale qui dure une année entière. Toutes les turbines de la centrale de Kilubi sont hors service. Les pièces défectueuses sont envoyées aux ateliers centraux de Panda à Likasi pour réparation. La dernière panne, quant à elle, s’étend de décembre 2025 à janvier 2026.

Un tableau sombre pour la population

Face à cette situation, Deta Kalenga, acteur de la société civile à Kamina, pointe du doigt le vieillissement avancé de la centrale. « Elle est vétuste. On tente de la maintenir avec des moyens locaux et des réparations de fortune. Mais ce sont des solutions temporaires, sans avenir », affirme-t-il.
Selon lui, les conséquences sont d’abord économiques. Kamina compte très peu d’industries. La population vit surtout de l’artisanat et du petit commerce. Sans électricité, cette économie de survie est menacée.
Par ailleurs, certains habitants utilisent des groupes électrogènes pour alimenter leurs maisons de commerce ou leurs ateliers. Cependant, cette solution alternative est coûteuse. Un litre d’essence se vend à Kamina à 4 000 CDF, soit 1,8$  .« Le coût devient insupportable pour la majorité d’artisans et de petits commerçants », déplore Kalenga.  pour lui, c’est un véritable calvaire.

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Vers une solution durable ?

Enfin, pour sortir de cette crise, la société civile appelle à des solutions structurelles. C’est par exemple la construction d’une nouvelle centrale hydroélectrique. Sinon, elle suggère le raccordement de Kamina à d’autres lignes électriques nationales, notamment celles de la SNCC.
En attendant des actions concrètes, Kamina continue de vivre au rythme des coupures d’électricité. La Société nationale d’électricité (SNEL) évoque des problèmes de maintenance. En cause principalement, la centrale hydroélectrique de Kilubi, mise en service il y a 81 ans. Cette infrastructure est vieillissante, insuffisante et fragilisée par le temps.