RDC: CNPAV appelle la DFC à une vigilance avant tout financement

RDC: CNPAV appelle la DFC à une vigilance avant tout financement

Le Congo N’est Pas À Vendre exprime de vives inquiétudes concernant l’intention du consortium Orion d’acquérir 40 % des actifs de Glencore en RDC. C’est notamment les projets miniers de Kamoto Copper Company (KCC) et Mutanda Mining. Dans une lettre adressée à la Société américaine de financement du développement (DFC), l’organisation alerte sur de sérieux risques de corruption. Et elle appelle à une vigilance accrue avant tout soutien financier.

En effet, parmi les préoccupations soulevées par la coalition figure le lien persistant entre ces actifs miniers et l’homme d’affaires Dan Gertler. Cet homme a été sanctionné en 2017 par le Trésor américain pour corruption à grande échelle en RDC. Le CNPAV indique que KCC et Mutanda continuent de verser régulièrement de sommes d’argent basées sur la production à des sociétés liées à Dan Gertler. 

Cette coalition rappelle par ailleurs que les activités de Dan Gertler ont causé des pertes financières majeures à la RDC. Déjà en 2017, le Trésor américain estimait à 1,36 milliard de dollars les pertes subies entre 2010 et 2012. En 2021, le CNPAV évaluait ce montant à plus de 2 milliards de dollars. La coalition souligne qu’à ce jour, Dan Gertler continuerait à percevoir environ 250 000 dollars par jour. Ceci grâce à des mécanismes liés aux redevances minières.

Selon le CNPAV, ces redevances, destinées en premier lieu à la Gécamines et au Trésor public congolais, auraient été privatisées au profit d’intérêts privés à l’issue d’opérations jugées illicites. Le CNPAV estime ainsi que ces revenus doivent être considérés comme « des gains mal acquis« .

Glencore et Orion sous le feu des critiques

Par ailleurs, le passé judiciaire de Glencore est également mis en avant. La multinationale anglo-suisse a été condamnée en Suisse à une amende de plus de 150 millions de dollars. Ceci pour ne pas avoir empêché la corruption de son partenaire commercial en RDC. En 2022, Glencore a ,en effet, accepté de verser plus d’un milliard de dollars aux autorités des États-Unis. Ceux du Royaume-Uni et aussi du Brésil pour des faits de corruption dans plusieurs pays, dont la RDC.

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Quant au consortium Orion, la coalition souligne que son historique récent en Afrique, notamment en Guinée, soulève des interrogations. Une enquête menée en 2025 par la Plateforme pour la protection des lanceurs d’alerte en Afrique (PPLAAF) accuse deux sociétés contrôlées par Orion de fraude, de mauvaise gestion et de corruption, des faits ayant conduit à des sanctions financières et à des enquêtes toujours en cours.

Le Congo n’est pas à vendre adresse des exigences claires à la DFC

Face à ces éléments, la coalition CNPAV appelle la DFC à conditionner toute participation financière à la cession, sans compensation, des actifs encore détenus par Dan Gertler en RDC, notamment les droits à royalties sur KCC et Mutanda.  De plus, elle recommande la mise en place d’une diligence rigoureuse et renforcée. Qui va tenir compte des antécédents judiciaires et des risques de gouvernance liés aux entreprises concernées.

Ainsi pour le CNPAV, soutenir ce projet sans garanties claires exposerait la DFC à un risque juridique et éthique majeur. Ceci va compromettre les efforts de lutte contre la corruption dans le secteur minier congolais.