RDC: le MSF alerte sur la persistance de la rougeole

RDC: le MSF alerte sur la persistance de la rougeole

L’épidémie de rougeole continue de se propager en RDC en ce début de l’année 2026. Depuis janvier, 12 960 cas et 157 décès ont déjà été enregistrés à travers le pays. Au début de ce mois de février, 3 165 nouveaux cas ont été signalés, confirmant une transmission toujours active. Six provinces, dont le Sud-Ubangi ainsi que le Nord et le Sud-Kivu, figurent parmi les zones les plus touchées.

Médecins sans frontières indique que la flambée actuelle s’inscrit, en effet, dans la continuité d’une épidémie majeure déclarée début 2025. L’an dernier, les autorités sanitaires ont recensé plus de 82 869 cas suspects et 1 175 décès à l’échelle nationale. Cette recrudescence est survenue alors que la RDC fait simultanément face à d’autres urgences sanitaires. C’est notamment le Mpox et le choléra. Le pays fait également face à une baisse significative des financements humanitaires.

Afin de soutenir les autorités sanitaires, Médecins Sans Frontières (MSF) a déployé des équipes d’urgence dans plusieurs provinces. Entre février et juin 2025, l’organisation est intervenue en Ituri et à la Tshopo. Elle a aussi mené des actions au Nord-Ubangi, au Maniema, au Sankuru et dans le Grand Katanga. Le MSF a, par ailleurs, combiné la prise en charge médicale et des campagnes de vaccination pour limiter la transmission. Les actions de MSF visaient en outre à prévenir les complications graves. Ces interventions ont ensuite été étendues au Nord-Kivu, au Sud-Kivu, au Sud-Ubangi, au Haut-Lomami et au Tanganyika, suite à la persistance et à l’extension géographique de l’épidémie.

1 146 810 enfants vaccinés en 2025

Les campagnes menées incluent la vaccination, l’évaluation de l’état nutritionnel des enfants et la supplémentation en vitamine A. Ces campagnes combinent aussi le traitement des parasites internes et des actions de prévention. Entre janvier et décembre 2025, les équipes de MSF ont vacciné environ 1 146 810 enfants, à travers 22 interventions. Les opérations se poursuivent en ce début d’année 2026.

Dans la quasi-totalité des cas, la rougeole peut être évitée grâce à l’administration de deux doses de vaccin. Cependant, la RDC, fait face à des défis majeurs. C’est notamment le sous-financement du système de santé ,les coupures fréquentes d’électricité nécessaires à la conservation des vaccins et le manque de personnel qualifié. De plus, l’insuffisance du matériel médical affaiblit la surveillance et contribue à une couverture vaccinale insuffisante, indique MSF.

Les conflits armés limitent la lutte contre la rougeole

Dans l’est du pays, l’intensification des combats entre l’armée congolaise et l’alliance AFC/M23 complique davantage la lutte contre la rougeole. Les déplacements massifs de populations favorisent la poursuite de la transmission, en particulier dans des zones où l’accès à l’eau potable et à l’assainissement demeurent limités.

L’insécurité, l’état dégradé des routes et les combats actifs rendent difficile l’acheminement des vaccins. Et la mise en œuvre des campagnes de vaccination devient extrêmement compliquée. Les restrictions imposées aux opérations humanitaires dans les aéroports de Goma et Bukavu obligent également les équipes à emprunter des itinéraires plus longs et plus coûteux, déplore cette organisation internationale.

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MSF alerte sur les financements humanitaires

La situation est aggravée par la chute des financements humanitaires et de développement. En 2025, le plan de réponse humanitaire pour la RDC n’a été financé qu’à hauteur de 20%. Ceci affecte durement les secteurs de la santé, de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement.

« Si MSF parvient encore à répondre rapidement, c’est en grande partie grâce à son modèle de financement indépendant, reposant sur des dons privés réguliers. La réduction des financements humanitaires affaiblit toute la chaîne de réponse et laisse des milliers d’enfants sans protection face à une maladie pourtant évitable », souligne Jean Gilbert Ndong, le coordonnateur de MSF, dans leur bulletin de presse. 

Face à cette situation préoccupante, la cellule de communication du ministère de la Santé annonce qu’une campagne nationale de vaccination de rattrapage est programmée pour mars 2026. Elle cible plus de 22 millions d’enfants âgés de 6 mois à 14 ans dans 11 provinces, notamment Kinshasa et l’Équateur. Cette opération intervient dans un contexte sanitaire, sécuritaire et humanitaire particulièrement fragile.