Haut Katanga: les relais communautaires dénoncent le non-paiement
Les relais communautaires engagés dans les campagnes de vaccination à Kapolowe et dans plusieurs zones de santé de Lubumbashi dénoncent le non-paiement de leurs primes. Une situation préoccupante qui pourrait fragiliser la motivation des agents communautaires et mettre en danger la couverture vaccinale dans plusieurs communautés.
À Kapolowe par exemple, plusieurs relais communautaires tirent la sonnette d’alarme. Depuis les dernières campagnes de vaccination notamment contre la poliomyélite, la rougeole et d’autres sensibilisations, certains agents n’ont toujours pas reçu les primes promises. Ces relais, véritables acteurs essentiels dans le système de vaccination, parcourent quotidiennement de longues distances. Sous un soleil ardent tout comme sous la pluie ,ils vont sensibiliser les familles, recenser les enfants non vaccinés et encourager les parents à se rendre dans les centres de santé.
« Nous avons travaillé sans relâche pour atteindre tous les villages et informer les parents sur l’importance de la vaccination. Cependant, nous ne sommes pas rémunérés », déplore un relais communautaire rencontré sur le terrain. La frustration est telle que plusieurs relais menacent de ne pas participer aux prochaines activités si les arriérés ne sont pas réglés rapidement. Certains indiquent qu’ils prennent en charge des dépenses indispensables sur le terrain. » Tel que vous nous voyez circuler toute la journée, le bureau ne nous donne même pas une bouteille d’eau. Nous savons que notre travail est bénévole mais si une activité est annoncée comme payante, nous devons être payés » déclare Mujinga, une relais communautaire.
La situation est similaire à Lubumbashi
À Lubumbashi, la situation est similaire. Dans plusieurs zones de santé notamment Kampemba, Katuba, Kenya et Kamalondo, les relais communautaires dénoncent également le retard des paiements. Les agents affirment que la situation commence à décourager certains de leurs collègues. Ceci met en péril la mobilisation communautaire et la couverture vaccinale. « Nous faisons notre travail avec dévouement. Souvent c’est pour 5 dollars américains par jour, quand nous faisons 3 jours c’est 15 dollars plus 3 dollars de briefing . Nous attendons que les engagements soient respectés » explique Bibi un relais de la zone de santé de Kenya.
Les relais communautaires expliquent également que les modalités de paiement ont changé. « Avant, on nous donnait du cash . Depuis un moment, on nous a tous obligés d’avoir un numéro de mobile money . Pourtant, même avec ce système électronique, c’est toujours compliqué » déplore Kapya un autre relais communautaire de la Kenya
Certains rappellent que des relais ayant travaillé depuis le mois de juin n’ont jamais reçu leur prime. « Quand on essaie de demander des explications, c’est une longue histoire. On a l’impression qu’on ne se souvient de notre paiement que lorsqu’une nouvelle campagne approche » ajoutent- ils. De plus, ils dénonçent un manque de suivi et de sérieux dans la gestion des rémunérations.
La division provinciale appelle les relais communautaires au calme
Par ailleurs, une source à la Division provinciale de la santé rassure. « Les relais communautaires doivent garder leur calme. Le retard de paiement ne dépend pas de la Division, mais de la banque qui a déjà fixé le montant à retirer. Nous travaillons à ce que la situation soit régularisée dans les plus brefs délais » indique notre source sous anonymat.
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Les relais communautaires restent néanmoins déterminés à servir leurs communautés. Toutefois, ils insistent sur la nécessité d’être traités avec équité et considération. Ceci va permettre que les prochaines campagnes de vaccination ne soient pas compromises.

