RDC: la tuberculose persiste encore
En République démocratique du Congo, la tuberculose continue de circuler. Elle touche des centaines de milliers de personnes chaque année. Dans son Plan stratégique 2024-2028, le Programme national de lutte contre la tuberculose (PNLT) reconnaît lui-même l’ampleur du défi et alerte sur les failles persistantes dans la riposte.
En effet, plus de 214 000 cas ont été notifiés en 2021soit une hausse de 7% par rapport à 2020. Mais derrière ces chiffres, la réalité est plus préoccupante. Près d’un malade sur trois ne serait ni diagnostiqué ni pris en charge. Une situation qui favorise la propagation continue de la maladie, souvent à l’abri des radars du système de santé.
Sur le terrain, les obstacles restent nombreux. L’accès aux structures de soins demeure difficile dans plusieurs régions, notamment en zones rurales et enclavées. Faute de moyens ou d’information, de nombreux patients consultent tardivement, à un stade déjà avancé de la maladie. À cela s’ajoute un déficit en équipements de diagnostic modernes, ainsi qu’une utilisation encore limitée des outils disponibles. Le réseau national compte 2 083 centres de diagnostic et de traitement.
De plus, la tuberculose touche majoritairement les hommes 57% contre 43% de femmes. Elle frappe particulièrement les adultes de 25 à 34 ans suivis par la tranche d’âge de 35 à 44 ans. Les enfants représentent 13% de cas. Cependant, elle frappe aussi durement les populations vulnérables. Les personnes vivant avec le VIH, les détenus, les travailleurs des mines ou encore les déplacés internes figurent parmi les groupes les plus exposés. La co-infection tuberculose-VIH reste un défi majeur car une partie importante de patients ignore encore son statut sérologique, compliquant ainsi la prise en charge.
Par ailleurs, la progression des formes résistantes de la maladie reste un veritable défi. Plus difficiles à traiter, elles affichent des taux de guérison encore faibles et nécessitent des traitements longs et complexes. Pour les professionnels de santé, ces cas représentent un problème croissant dans un système déjà sous pression. Si le traitement de la tuberculose est gratuit en RDC, la prévention reste en retrait. Le dépistage actif est encore insuffisant et les actions de sensibilisation peinent à atteindre efficacement les communautés. Ainsi, la maladie continue de circuler, souvent dans l’ombre.
Elargir l’accès aux services de diagnostic de la tuberculose
Face à cette situation, le PNLT propose un changement d’approche dans son nouveau plan stratégique 2024-2028. L’objectif est notamment d’élargir l’accès aux services de diagnostic et de traitement. De plus, ce plan indique la nécessité de renforcer l’utilisation des technologies modernes et d’impliquer davantage les communautés dans la détection des cas.
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Le programme insiste également sur la nécessité de mieux accompagner les patients tout au long de leur traitement. Ceci va permettre de de réduire les abandons et améliorer les chances de guérison. Mais les défis dépassent le seul cadre sanitaire. La pauvreté, la promiscuité, la malnutrition et les déplacements de population créent un environnement propice à la propagation de la tuberculose. Autant de facteurs qui compliquent la lutte et exigent des réponses plus globales.
Toutefois, l’ambition affichée est de mettre fin à l’épidémie d’ici 2035. Un objectif qui reste possible, mais qui nécessitera des efforts soutenus, une meilleure coordination des acteurs et une implication accrue des communautés.

