Haut Lomami: Six blessés à Kanyama Kasese lors d’une altercation

Haut Lomami: Six blessés à Kanyama Kasese lors d’une altercation

Un incident survenu le 31 mars 2026 au Centre d’encadrement de Kanyama Kasese, impliquant des jeunes bâtisseurs et un élément des forces de sécurité, a fait plusieurs blessés. Alors que les autorités évoquent des troubles consécutifs à une rumeur, des voix dénoncent un usage excessif de la force et exigent une enquête indépendante.

En effet, un climat de tension et de controverse entoure les événements survenus le 31 mars 2026 au Centre d’Encadrement et d’Instruction de Kanyama Kasese. Des jeunes bâtisseurs en formation ont été impliqués dans un incident qui a dégénéré. Il a causé des blessés par balles et il suscite une vague d’indignation à travers le pays.

Selon le communiqué officiel du Service national, les faits se seraient produits dans un contexte de nervosité alimenté par une rumeur persistante. Celle-ci faisait état d’une prétendue prime impayée et d’un allongement de la durée de formation. Pris de colère, certains jeunes auraient vandalisé des biens du centre, ils ont brisé des vitres. Ils ont également incendié des installations et ils se sont attaqués physiquement au commandant du site.

C’est dans ce contexte tendu qu’un militaire aurait fait usage de son arme à feu pour tenter de rétablir l’ordre. Le bilan avancé par les autorités fait état de six blessés, dont deux dans un état jugé grave. Le commandement du Service national affirme avoir immédiatement réagi en procédant à l’arrestation du présumé auteur des tirs. Ce militaire est désormais entre les mains de l’auditorat militaire de Kamina. Une enquête a été ouverte afin d’établir les responsabilités, indique le communiqué.

Les blessés ont été pris en charge dans une structure médicale du Service national. Et des mesures correctives ont été annoncées. C’est notamment le renforcement de l’encadrement et des mécanismes de gestion des crises au sein du centre. Les autorités du centre insistent sur le caractère isolé de cet acte, qu’elles condamnent fermement. Et elles appellent au calme et à la retenue.

Envol exige une enquête indépendante

Cependant, cette version est loin de faire l’unanimité. Dans un communiqué publié le 2 avril 2026, le parti Envol exprime une vive indignation. Ainsi, elle dresse un tableau bien plus sombre de la situation. Selon cette organisation, les jeunes bâtisseurs, désarmés, auraient été pris pour cibles alors qu’ils réclamaient simplement le paiement de leurs droits. Elle évoque des pertes en vies humaines, en plus des blessés. Ce parti qualifie ces faits de « répression sanglante ».

Par ailleurs, Envol dénonce une atteinte grave aux droits fondamentaux. C’est par exemple le droit à la vie et à la liberté de revendiquer pacifiquement. Ce parti établit un parallèle avec d’autres épisodes violents récents en RDC. C’est notamment les événements survenus à la prison de Makala en septembre 2024 ou encore les violences contre des fidèles à Goma en août 2023. Il considère ceci comme des signes d’un usage récurrent et disproportionné de la force publique. 

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Ainsi, ce parti formule plusieurs exigences, dont l’ouverture d’une enquête indépendante, transparente et impartiale. Envol appelle également à l’identification et à la sanction de tous les responsables. Elle recommande, par ailleurs, une plus grande transparence dans la gestion du service national, notamment en ce qui concerne les rémunérations des jeunes en formation.