RDC: Les eaux de la mine T17 en radioactivité se déversent dans la rivière Musonoïe
Pas de mesures sécuritaires comme annoncées, les eaux dangereuses de la mine T17 en radioactivité se déversent dans la rivière Musonoïe. Pourtant le gouvernement avait annoncé des mesures pour protéger les populations. Malheureusement sur le terrain, même ce lundi 6 avril 2026, rien de concret. Et l’exploitation artisanale à haut risque de la province du Lualaba poursuit son bon chemin.
Ce lundi 6 avril, la mine incriminée reste toujours ouverte et envahie par les exploitants miniers artisanaux. Des bâches érigées en paillotes pour servir d’abris aux côtés des sacs déjà remplis des minerais radioactifs qui attendent l’évacuation. On trouve également des femmes d’autres enceintes. Pendant ce temps, certaines jonchent leurs bébés au sol pendant qu’elles pratiquent l’exploitation artisanale. Des mineurs, même ceux de dix ans, ramassent et entassent les produits miniers dans de petits seaux.
Des groupes réunis de part et d’autre, des barres de mines aux mains des creuseurs dans les trous. D’autres travaillent en couple ou accompagnés visiblement de leurs enfants. Les opérations de ramassage des minerais aux mains nues se pratiquent sans souci. Toutes ces activités se font aux côtés du remblai radioactif de T17.
Pourtant, le gouvernement avait rassuré sur les mesures urgentes. « La rapidité d’intervention et la coordination inter institutionnelle sont essentielles pour prévenir toute aggravation. » avait souligné la ministre de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Marie-Thérèse Sombo. Elle a annoncé le déploiement immédiat d’équipes spécialisées.

D’ailleurs, lors du conseil des ministres du 27 mars dernier, des mesures sécuritaires ont été également annoncées. Il s’agissait d’un plan de riposte qui prévoyait notamment : le déploiement d’experts qualifiés en radioprotection. L’installation de dispositifs de décontamination sur le site. Mais aussi une surveillance continue des niveaux de radiation dans les zones habitées et environnantes.
Aucune mesure visible dans le site minier de T17 en radioactivité
Des risques à craindre, des vraies alertes ont été données. Mais jusque-là, rien de concret sur le site minier pour la protection de remblais radioactifs. Moins encore de la mine de T17 dans son ensemble.

Pour la société civile, c’est une déception. Lambert Menda de la nouvelle société civile du Lualaba regrette que le gouvernement reste jusque-là incapable de mettre en œuvre ses propres mesures annoncées pour protéger les populations et l’environnement. « Les autorités se précipitent dans des annonces sans aucune action concrète » a-t-il dit . Ainsi, il invite les exploitants artisanaux à la prudence. « N’acceptez pas de mourir au nom du pain quotidien. Allez travailler dans d’autres zones. En cas de contamination à la radioactivité, les soins de santé coûtent trop cher ».
Pendant ce temps, les sacs des minerais issus de ce site qualifié hautement dangereux en raison des substances radioactives continuent de se remplir et de sortir de la mine T17. Les camions de ces minerais se dirigent vers les usines de traitement.
RDC – Exploitation minière : graves menaces sur la santé de la reproduction
La rivière Musonoïe se mélange des eaux en radioactivité.
Suite à cette exploitation minière des creuseurs artisanaux, la paroi de la mine de T17 a déjà cédé. Ainsi les eaux des mines en radioactivité se déversent dans la rivière Musonoïe.

Une véritable catastrophe écologique et humaine est à craindre pour les populations riveraines qui consomment en aval les eaux de la rivière . Avec la pluie, les eaux en provenance de la mine ruissellent vers la rivière Musonoïe.
Pourtant les riverains ne sont pas informés des dangers qu’ils encourent. Selon une femme trouvée non loin du remblai en radioactivité, il n’y a rien à craindre. Pour elle, c’est le quotidien. « J’ai entendu les gens parler de la radioactivité ici. Mais je pense que ça ne nous concerne pas parce que nous travaillons ici chaque jour. Ça fait déjà plusieurs années » a dit Christine. Elle est en train de ramasser les pierres contenant du cuivre au bas du remblai en radioactivité.
Le toxicologue et professeur de L’université de Lubumbashi, expert en environnement et en santé publique, reste convaincu quant à la dangerosité de l’utilisation des eaux de la rivière Musonoïe. « Il y a un danger à craindre pour les communautés qui utilisent les eaux de la rivière à cause de la radioactivité ». A dit le professeur Célestin Lubaba avant de lancer son appel. « J’appelle les communautés riveraines à la cessation immédiate de l’usage des eaux de la rivière Musonoïe ». insiste le toxicologue.
Rivière Musonoïe, canal des déchets miniers vers le fleuve Congo
La rivière Musonoïe est un affluent du Lualaba. Cette rivière s’est transformée en un véritable dépotoir des déchets miniers issus de toutes ses entreprises voisines.

C’est notamment l’entreprise KCC qui y déverse les eaux de sa mine à ciel ouvert KOV par des grands canaux . Dans le même secteur, les activités de l’exploitation minière artisanale se font avec le lavage des minerais dans la même rivière. L’entreprise COMMUS déverse également dans la rivière ses rejets liquides provenant des bassins. Cela passe par la rivière Katende et le lac Golf. Dans la même rivière, l’entreprise METALKOL y dépose aussi les eaux de ses rejets depuis Kipepa.
Selon les sources de la société civile, le remblai de T17 serait abandonné par l’entreprise KCC à cause de son taux élevé en produit uranifère. Si aujourd’hui l’urgence s’est fait annoncer, il y a lieu que les dirigeants prennent au sérieux leurs responsabilités pour agir vite au lieu d’attendre une catastrophe naturelle.

