RDC- salaires fonctionnaires : entre annonces présidentielles et réalité sociale
Ce mercredi 6 mai, Félix Tshisekedi, président de la République démocratique du Congo, était face à la presse à Kinshasa. Celui-ci a dressé un tableau optimiste de la situation sociale du pays. Le président congolais affirme que son gouvernement a engagé plusieurs mesures destinées à renforcer le pouvoir d’achat, dont l’augmentation des salaires des fonctionnaires, des militaires et des policiers. Pour les concernés, le vrai débat est ailleurs.
Dans les propos qu’il a tenus, le chef de l’État congolais affirme que les rémunérations des fonctionnaires auraient été multipliées par trois depuis le début de son mandat. Tandis que celles des militaires et policiers auraient connu une hausse encore plus importante.En plus de l’augmentation de salaire, le chef de l’Etat congolais a épinglé la réduction de l’impôt sur les revenus professionnels ainsi que la baisse des prix du carburant.
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Il est vrai que le salaire des militaires et policiers a sensiblement augmenté. Papy, un militaire, explique que les allégations du chef de l’État semblent vraies. “En 2019, j’ai touché 170 000 CDF (soit 106$). Aujourd’hui je touche plus de 500 000 CDF (soit près de 230$). Il explique par ailleurs qu’ils attendent encore une autre majoration du prix. “ En somme, on nous a promis une augmentation allant jusqu’à 700 000 CDF, soit plus de 300 $ ».
S’agissant des fonctionnaires, effectivement leur salaire a aussi augmenté. “En 2019, mon salaire était de 87000 CDF. Aujourd’hui je touche 320 000 CDF », affirme Kabongo, un fonctionnaire. Mais pour ce fonctionnaire, le débat ne doit pas se focaliser sur les chiffres. “Le vrai débat doit être celui du pouvoir d’achat”, insiste-t-il.
Écart entre chiffre et vie sociale
Si sur papier le salaire a effectivement doublé voire triplé , il n’en va pas de même du pouvoir d’achat. “Pour moi, les choses ne se sont pas améliorées”, explique Jean, un autre fonctionnaire. “À cette période, c’est-à-dire en 2018, le prix des denrées alimentaires et du transport était faible. Aujourd’hui avec ce salaire triplé, nous n’arrivons toujours pas à joindre les deux bouts du mois”, dit-il encore.En effet en 2018, un sac de farine de maïs de 25 kg coûtait entre 13000 et 14 000 CDF. Ce jour, le même sac coûte entre 42000 et 45000 CDF
La baisse répétée des prix du carburant, présentée comme une mesure de soulagement social, n’a d’ailleurs pas toujours entraîné une diminution visible des prix du transport. Par exemple en 2018, le prix du bus en commun variait entre 300 et 800 CDF. Aujourd’hui à Lubumbashi les prix varient entre 1000 et 2000 CDF.
Ainsi, l’augmentation des salaires des fonctionnaires n’a pas un impact sur leur vie sociale ont -ils indiqué.

