Haut-Katanga : 95 milliards prévus, zéro paiement
La province du Haut-Katanga affiche un paradoxe budgétaire saisissant. Cette province est l’une de celles qui se trouve au cœur de l’économie nationale. Alors qu’un budget de plus de 94 milliards a été voté pour les investissements au cours de l’année 2026, jusqu’au 31 mars aucun paiement n’a été effectué en faveur des investissements pour cette province.
Les données contenues dans le budget national 2026 indiquent qu’un budget chiffré à des milliards a été voté. Cependant , les colonnes sur les engagements , les liquidations , les ordonnancements ainsi que les paiement restent à zéro.
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Ce blocage des investissements contraste avec les projets pourtant programmés pour l’année 2026. Par exemple, le projet PDL-145T prévoit la construction de plusieurs ouvrages dont des écoles, des routes ainsi que des centres de santé.
A titre illustratif , le budget national prévoit la construction des centres de santé à Kambove pour un montant 740 398 089 CDF. Toujours dans le même territoire , il prévoit la réhabilitation des routes pour un montant de 774 359 814 CDF. Le budget national prévoit d’autres réalisations dans tous les territoires de la province du Haut-Katanga. Mais jusqu’au 31 mars, aucun fonds n’a été alloué aux investissements pour cette province.
Le fonctionnement et les rémunérations d’abord
Pendant ce temps, les dépenses liées au fonctionnement continuent d’être exécutées. Sur les 67 milliards de CDF prévus dans le budget , 7, 7 milliards ont déjà été payés à la province du Haut Katanga. La même tendance est observée en ce qui concerne les rémunérations. Plus de 24, 4 milliards de CDF ont déjà été payés en faveur de la province du Haut-Katanga.
En d’autres termes, l’Etat congolais continue de financer les salaires ainsi que les fonctionnement au détriment des investissements. Pourtant , les investissements contribuent au développement et à la transformation du quotidien des citoyens.
Pour certains membres de la société civile, cette situation est une conséquence du non respect des textes. C’est ce que pense Paul Kisimba, porte parole du cadre de concertation de la société civile à Likasi. Pour lui, le problème réside dans l’application de la constitution sur la retenue à la source des recettes provinciales. « Malheureusement, le gouvernement a opté pour la rétrocession du budget d’investissement et voilà les conséquences« , declare t-il. Et d’ajouter: »Les provinces doivent attendre et plusieurs chantiers sont bloqués« . Pour lui la solution, c’est revenir aux fondamentaux, appliquer la retenue à la source .
Des privilégiées parmi les provinces ?
Le contraste devient encore plus frappant si l’on compare le Haut-Katanga à certaines provinces comme le Kasaï-Oriental. Pour cette province,la quasi totalité du budget prévu pour les investissements a deja été payée. Par exemple le budget prévoit 42 milliards de CDF pour les investissements. 40 milliards ont déjà été liquidé et payés à la province du Kasaï Oriental.
Toutefois, il faut dire que le ministère du Budget précise qu’il s’agit d’une situation provisoire arrêtée au 31 mars 2026. Néanmoins, il sied de souligner qu’au cours l’exercice budgétaire de l’année dernière, la situation a été identique. Jusqu’à septembre 2025, le budget des investissements pour le Haut Katanga a été financé à moins d’un pourcent.

