RDC: dans quelles provinces se trouvent les nouveaux minerais stratégiques ?
La République démocratique du Congo (RDC) veut mieux valoriser les minerais qui alimentent la transition énergétique. C’est dans ce cadre que le gouvernement congolais a décidé d’élargir la liste des substances minérales stratégiques.
Dorénavant, le lithium, l’uranium, le tantale, le niobium, le tungstène et les terres rares sont ajoutés à la liste des minerais stratégiques. Cependant une question se pose. Dans quelle province se trouvent ces nouvelles substances stratégiques ?
Lire aussi :La RDC élargit la liste de ses substances minérales stratégiques
Le lithium de Tanganyika
En RDC, quand on parle du lithium, Manono revient immédiatement à l’esprit.
Situé dans la province du Tanganyika, ce territoire abrite l’un des plus importants gisements de lithium au monde. Manono a un potentiel estimé à plus de 400 millions de tonnes de lithium à haute teneur.
Ce minerai connaît une forte demande. Ceci à cause de son utilisation dans la fabrication de batteries électriques pour véhicules. Il est également utilisé dans la fabrication des téléphones portables et des systèmes de stockage d’énergie.
Le Haut-Katanga et son uranium
Parmi les minerais ajoutés à la liste, il y a aussi l’uranium. Et en RDC, qui dit uranium dit la mine de Shinkolobwe, située à près de 120 km de Lubumbashi. Cette mine reste jusque-là le plus grand gisement de l’uranium même si cette substance se trouve également dans d’autres provinces comme le Lualaba.
Si la RDC a ajouté cette substance, c’est parce que certains pays relancent leurs programmes nucléaires afin de répondre à leurs besoins énergétiques. C’est le cas de l’Inde ou encore du Pakistan.
L’uranium ne sert pas seulement à la fabrication des bombes, il sert aussi dans la production de l’électricité et des matériaux médicaux.
Il sied de signaler que la RDC a officiellement suspendu l’exploitation de ce minerai à Shinkolobwe depuis 2004.
L’est de la RDC regorge de tantale, de tungstène et de niobium.
Le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et une partie du Maniema occupent une place particulière dans cette nouvelle cartographie minière.
Ces trois provinces produisent déjà du coltan. Elles possèdent aussi du tantale, du tungstène et du niobium.
Par exemple, la RDC possède 50 % des réserves mondiales de tantale. Pour ce qui est du niobium et du tungstène, la Fondation Panzi indique que le pays regorge d’immenses réserves sans en indiquer la capacité en tonnes ou en pourcentage.
Ces trois substances sont importantes. Par exemple, le tantale est utilisé dans la fabrication de téléphones, d’ordinateurs et d’équipements médicaux. Le tungstène est quant à lui utilisé par l’aéronautique, les équipements militaires et les technologies avancées. Pour ce qui est du niobium, il renforce les aciers utilisés dans les nouvelles infrastructures. Ces minerais jouent donc un rôle essentiel dans l’économie numérique et industrielle mondiale.
Les terres rares
Les terres rares désignent 17 éléments chimiques présents dans de nombreux produits du quotidien. Parmi ces éléments, il y a le scandium, l’yttrium, le lanthane, le cérium, le néodyme, le samarium et le gadolinium.
Ces éléments, on les retrouve dans les éoliennes, les voitures électriques, les smartphones, les écrans, les batteries, les appareils médicaux et certains équipements militaires.
Selon le géographe, le professeur André Muhema, « les terres rares sont sous forme de sable« , explique-t-il. Quant à savoir où on peut les retrouver, André Muhema explique qu’on les retrouve dans plusieurs provinces de la RDC.
Et pour lui, l’enjeu ne se situe pas au niveau de la liste de ces substances minérales stratégiques, mais plutôt sur le fait de savoir comment les communautés peuvent bénéficier de l’exploitation de ces nouvelles substances stratégiques.

