RDC-elections 2028 : Denis Kadima rassure,mais les défis restent nombreux

RDC-elections 2028 : Denis Kadima rassure,mais les défis restent nombreux

À deux ans de l’échéance électorale prévue en 2028 en RDC, le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Denis Kadima, tente de rassurer l’opinion sur la tenue des scrutins en 2028. Toutefois, il reconnait l’existence de plusieurs contraintes susceptibles d’affecter le calendrier électoral. À Lubumbashi, les experts sur les questions électorales estiment qu’il est difficile pour la CENI d’organiser les élections en 2028.

Dans une interview accordée à Radio France Internationale (RFI) le 2 juin, Denis Kadima a écarté, sans le dire explicitement, l’hypothèse d’un glissement électoral. Selon lui, les Congolais demeurent attachés au respect du cycle électoral et n’accepteraient pas une prolongation des mandats au-delà des délais constitutionnels. « Les Congolais n’accepteraient pas un glissement parce que cela serait perçu comme une manipulation politique visant à éterniser un groupe de personnes au pouvoir », a-t-il déclaré. Denis Kadima a affirmé que la CENI poursuit ses préparatifs malgré les difficultés existantes.

Le président de la centrale électorale a toutefois dressé une liste de facteurs de risque susceptibles d’influencer l’organisation des élections. Parmi eux figurent les questions sécuritaires, particulièrement dans l’est du pays. Il a évoqué le financement du processus électoral, les réformes éventuelles du cadre légal ainsi que les défis sanitaires liés aux épidémies d’Ebola. Pour Denis Kadima, ces contraintes nécessitent l’implication de plusieurs institutions au-delà de la seule CENI. « La défense, la santé, tout le monde doit faire sa part », a-t-il insisté.

Une opération de réassurance ?

Pour plusieurs observateurs, la sortie médiatique de Denis Kadima apparaît avant tout comme un message destiné à rassurer l’opinion publique. Par exemple, Scolastique Mutoke, experte sur les questions électorales, estime pour sa part que la CENI doit préserver sa neutralité. Ce qui lui permettra de renforcer la confiance de la population dans le processus électoral.  Pour elle, tout doit etre mis en oeuvre pour le respect du delai.« Pour nous, la population, nous voulons les élections en 2028. »

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Des obstacles structurels

L’expert électoral Jean Kalume se montre plus prudent. À ses yeux, les défis actuels rendent difficile toute certitude quant à la tenue du scrutin dans des conditions normales. « Logiquement, il est difficile de se projeter aujourd’hui sur les élections de 2028. Le pays est divisé et le gouvernement de Kinshasa ne contrôle pas l’ensemble du territoire national. La restauration de la souveraineté de l’État demeure un préalable important ».

L’expert rappelle également que le cycle électoral de 2023 n’est pas encore totalement achevé. Les élections municipales, locales et urbaines attendues dans plusieurs entités décentralisées n’ont toujours pas été organisées, laissant de nombreux candidats dans l’attente. « La CENI doit d’abord terminer le cycle électoral de 2023. Jusqu’à ce jour, beaucoup de citoyens se demandent encore dans quelle phase électorale nous nous trouvons. Des entités décentralisées souffrent de l’absence d’élections municipales et locales alors que des candidats attendent toujours les listes définitives ».

Selon Kalume, envisager les élections de 2028 n’est pas problématique en soi, mais l’institution électorale gagnerait d’abord à finaliser les opérations encore en suspens. « Terminer le cycle électoral en cours constituerait une étape importante pour reconquérir la confiance de la population envers cette institution d’appui à la démocratie ».

Des analystes comme Jean-Claude Kyembe estiment qu’il demeure prématuré de conclure à un éventuel report des élections de 2028. Avec plus de deux années de préparation devant elle, la CENI dispose encore d’une marge de manœuvre importante pour actualiser le fichier électoral. Et d’ajouter, de mobiliser les financements nécessaires et de coordonner son action avec les autres institutions concernées.