Lubumbashi: des voix s’élèvent après l’arrestation de Marley Vuvu

Lubumbashi: des voix s’élèvent après l’arrestation de Marley Vuvu

L’arrestation de l’opposant politique Marley Vuvu continue de susciter des réactions . À Lubumbashi, des acteurs de la société civile et des défenseurs des droits humains demandent des explications aux autorités sur le mobile de cette arrestation.

Coordonnateur du Mouvement révolutionnaire congolais (MRC) et membre du C64, Marley Vuvu a été arrêté lundi 24 août à Kinshasa. Son parti politique affirme qu’il a été interpellé à son domicile, avant d’être conduit dans une destination inconnue. Selon sa structure, les raisons de son interpellation restent inconnues.
L’affaire a rapidement suscité des réactions dans les milieux de l’opposition notamment sur les réseaux sociaux.

À Lubumbashi, les réactions sont également nombreuses. Louis Tshikonde, jeune militant du mouvement citoyen Lucha, se dit préoccuper.
« Une arrestation ne peut pas devenir un moyen d’intimidation ou de museler les voix qui critiquent la gestion du pays», estime-t-il.
Ce militant réclame aussi le respect des droits de Marley Vuvu. Pour Louis , le débat politique ne doit pas être criminalisé.

« Dans un État de droit, le débat politique et la contestation citoyenne ne doivent pas être criminalisés », affirme Louis Tshikonde.
Il appelle ainsi les autorités à privilégier l’apaisement, la transparence et le respect des libertés publiques.

La CNDH réclame la lumière

La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) du Haut-Katanga suit également cette affaire avec attention. Son coordonnateur provincial, Joseph Kongolo, se dit préoccupé par cette arrestation. Il rappelle que celle-ci intervient dans un contexte politique marqué par des tensions et des appels à la décrispation.
« L’absence d’une communication officielle sur le motif de son arrestation inquiète », souligne-t-il.

Il insiste également sur le respect strict des droits de l’opposant et sur la régularité de la procédure.
« L’apaisement du climat politique est dans l’intérêt de tous », estime Joseph Kongolo.
« Il faut écouter l’opposition », dit -il.

Un habitant de Lubumbashi, qui a requis l’anonymat, dit pour sa part avoir appris avec consternation  l’arrestation de Marley Vuvu.

Selon lui, la construction d’un État de droit exige que les autorités puissent entendre les critiques, même lorsqu’elles sont sévères.
« Quand un opposant parle, tout n’est pas forcément faux », estime-t-il.

Il estime donc que l’arrestation de personnes qui expriment des critiques risque d’étouffer le débat politique. « Nous sommes dans un État de droit. Cet État demande les avis des uns et des autres pour faire avancer le pays », affirme-t-il.

Les réactions dans le camp du parti de Moïse Katumbi

Ces réactions locales interviennent après celles de plusieurs figures de l’opposition à Kinshasa.
Mardi,  Olivier Kamitatu, porte parole de l’opposant Moïse Katumbi a aussi dénoncé l’arrestation de Marley Vuvu. Il l’a qualifiée de « signal très inquiétant ».

Pour sa part, le sénateur Salomon Idy Kalonda, un autre opposant appelle au respect des droits.

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L’affaire reste ainsi au centre des discussions dans les milieux politiques et de la société civile, alors que les appels à la décrispation se multiplient.