Lubumbashi : les sentinelles du secteur minier à l’école de l’alerte
Quelques journalistes, défenseurs des droits humains ainsi que les lanceurs d’alerte de la ville de Lubumbashi, sont dans un atelier de renforcement des capacités. Ces derniers apprennent comment lancer des alertes et construire une campagne de plaidoyer dans le secteur minier. A cette occasion, ils sont ainsi appelés à jouer pleinement leur rôle de sentinelles dans le secteur minier en République démocratique du Congo.
Pendant 2 jours, soit du mercredi 26 au jeudi 27 août, des journalistes, défenseurs des droits humains ainsi que les lanceurs, sont à l’école du savoir. Ils apprennent les méthodes de lancement d’alerte. Ils voient aussi comment construire une campagne de plaidoyer dans le secteur minier. Cet atelier organisé par l’Institut Républicain International, IRI en sigle, vise à outiller ces hommes et femmes à défendre les communautés souvent impactées négativement par les activités minières.
Alerter professionnellement
Par ailleurs, le professeur Germain Kuna, facilitateur de cette session, a insisté sur la nécessité pour ces acteurs de documenter et de dénoncer professionnellement les violations constatées dans les zones minières.« Les communautés ne doivent pas être victimes de pollutions minières sans bénéficier de l’indemnisation» renchérit-il. Il les invite en outre à devenir de véritables sentinelles du secteur.
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Pour lui, les lanceurs d’alerte, les journalistes ainsi que les défenseurs des droits humains, doivent assumer leur responsabilité sans céder à la peur. Toutefois, dit-il « vous devez veiller à la qualité et à la crédibilité de vos alertes.» Il estime qu’à travers un travail professionnel et rigoureux en faveur des communautés, les opérateurs miniers doivent sentir la présence de ces acteurs.
Le facilitateur invite les participants à la prudence dans l’exercice de leur métier. « Pour éviter de s’attirer des ennuis, il faut être professionnel », a-t-il recommandé, les appelant à travailler en synergie afin de réduire les risques liés à leur engagement.
Connaître les droits pour mieux défendre les communautés
De son côté, Symphorien Saleh, coordonnateur général de l’Observatoire congolais pour la promotion et la défense des droits de l’homme, trouve importante cette formation.
Selon lui, les organisations de défense des droits humains constituent « les porte-paroles de la population, la voix des sans-voix ». Leur mission commence, estime-t-il, par la connaissance des droits des communautés et des mécanismes permettant pour porter leurs préoccupations auprès des décideurs.
Le secteur minier du Haut-Katanga reste, selon lui, confronté à plusieurs problèmes, notamment de pollution, de la fraude, de la corruption, etc. Il appelle ainsi les organisations de la société civile à mieux jouer leur rôle de contrôle citoyen.
La peur et les représailles, un défi majeur
Maître Symphorien Saleh a également évoqué les difficultés auxquelles sont confrontés certains défenseurs des droits humains. C’est entre autres le manque de financement, le faible engagement et surtout la peur .
Il affirme que certains défenseurs ont été menacés, arrêtés ou intimidés après avoir dénoncé des cas de pollution liés aux activités minières autour de Lubumbashi. L’absence de mécanismes efficaces de protection, ajoute-t-il, pousse certains acteurs à se taire ou à se rétracter.
La formation d’IRI entend ainsi renforcer les capacités des participants afin qu’ils puissent transformer leurs alertes en véritables actions de plaidoyer, capables d’influencer les décideurs et de contribuer à la protection des droits des communautés affectées par les activités minières.
Dans une province où l’exploitation minière occupe une place centrale dans l’économie, le message porté durant cette formation est clair : alerter, documenter, plaider et protéger les communautés.

