Lubumbashi : chercheurs et société civile à la recherche de solutions pour les forêts de Miombo

Lubumbashi : chercheurs et société civile à la recherche de solutions pour les forêts de Miombo

À Lubumbashi, une recherche-action veut mieux comprendre les pressions exercées sur les forêts de Miombo. Elle s’intéresse au bois-énergie et aux activités minières. Le projet veut produire des données, mesurer les impacts sur les populations et surtout identifier des solutions énergétiques adaptées au Grand Katanga.

« Les forêts de Miombo à l’épreuve de la transition énergétique » est le nom de ce projet porté par la Coalition des Organisations de la Société Civile pour le Suivi des Réformes et de l’Action Publique (CORAP). Elle travaille avec l’Observatoire Congolais de l’Environnement (OCE), le Parc national de Upemba, l’Université Nouveaux Horizons et l’Université de Lubumbashi.

En effet, le projet part d’un constat. Dans le Grand Katanga, les forêts de Miombo subissent différentes pressions. Dans le même temps, les ménages dépendent fortement du bois et du charbon de bois pour leurs besoins en énergie.

Autour de Lubumbashi, les données présentées dans le cadre du projet indiquent que la couverture de Miombo serait passée de 78 % à 40 % entre 1990 et 2022. Plus de 98 % des ménages de Lubumbashi utiliseraient par ailleurs le charbon de bois pour cuisiner.

« L’étude veut cependant aller au-delà de ces chiffres. Elle cherche notamment à déterminer la part du bois-énergie et celle des activités minières dans la dégradation des forêts, tout en analysant les interactions entre ces différentes pressions. Nous souhaitons avoir des premiers résultats d’ici juin 2027», indique Emmanuel Musuyu, de la CORAP.

Des impacts sur les populations

De plus, la recherche s’intéressera aussi aux conséquences sur les populations. Les femmes et les enfants sont particulièrement concernés par la dépendance au bois-énergie. Dans les menages qui utilisent le charbon de bois pour cuisiner ils peuvent être exposés aux fumées. Souvent, dans certaines zones ils consacrent aussi du temps à la recherche et à la vente de ce charbon de bois.

Pour les initiateurs, il ne faut donc pas se limiter à comprendre pourquoi les ménages dépendent toujours du charbon de bois. Il faut surtout trouver des alternatives adaptées à leurs conditions de vie.

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Les acteurs associés à la démarche

Une séance d’échange a été organisée à Lubumbashi ce vendredi 02 octobre pour recueillir les avis des différentes parties prenantes. L’objectif est d’améliorer la méthodologie avant le travail de terrain.

« Cette rencontre est organisée pour permettre à toutes les parties prenantes qui vont contribuer tout au long de cette étude, de donner leur point de vue en lien avec ce projet sur le bois-énergie dans le Miombo, avec la perturbation liée aussi aux activités extractives de notre milieu de vie », explique Martin Mpinga de OCE.

Par ailleurs, les organisateurs veulent associer les institutions publiques, les organisations de la société civile, les universités, les communautés locales et les autres acteurs concernés.

« Nous n’avons pas voulu rester isolé au niveau de notre consortium. Nous avons voulu réunir encore toutes les parties prenantes et travailler en commun pour recueillir ces éléments stratégiques indispensables », souligne-t-il.

Vers des solutions concrètes

Il faut noter que l’un des objectifs majeurs est d’identifier et de tester des solutions énergétiques durables adaptées au Grand Katanga. Les porteurs du projet veulent aussi utiliser les travaux déjà disponibles pour éviter de reproduire les mêmes études. « Nous avons besoin de l’implication de tous à tous les niveaux », déclare Martin Mpinga de CEO.

Après cette étape, la méthodologie sera revue à partir des informations recueillies. « Nous allons peaufiner la méthodologie avec tout ce qu’on a recueilli ici comme informations pertinentes. Nous allons voir ce qu’il faut ajuster, renforcer ou modifier », explique-t-il. Ensuite, un document final sera élaboré avant le déploiement des équipes sur le terrain.