Lualaba: CAJJ interroge sur l’impact de la transition énergétique sur les droits des travailleurs dans les entreprises
Pendant longtemps les impacts de la transition énergétique ont fait débat, mais ont rarement abordé les conséquences sur les vies et les droits des travailleurs dans les entreprises minières de l’arc cupro-cobaltifère. Pour examiner ces enjeux, le Centre d’Aide Juridico-Judiciaire (CAJJ) avec son partenaire Rights and Accountability in Development (RAID) interrogent les syndicats, les acteurs de la société civile et étatique. C’est dans un forum de réflexion qui se déroule à l’hôtel Moon Palace à Kolwezi du 15 au 16 octobre 2026.
Il se fait clairement remarquer que la transition énergétique mondiale accroît la demande en minerais stratégiques. Cependant, la RDC occupe une place stratégique grâce à ses importantes réserves de minerais. Par contre, cette évolution soulève des préoccupations concernant les droits des travailleurs dans le secteur minier.
De nombreuses entreprises internationales y développent leurs activités dans le secteur. Pour fonctionner, elles emploient une main-d’œuvre locale, directement ou par l’intermédiaire de sociétés de sous-traitance. Toutefois, cette dynamique économique soulève des questions sur les conditions de travail et le respect des droits des employés par les entreprises minières.
Pour Me Josué Kashal «L’objectif est de faire un état des lieux sur les conditions de travail dans les entreprises industrielles. C’est spécialement sur le respect de la législation congolaise en matière du travail et de protection des droits humains, pour contribuer à la chaîne d’approvisionnement du cobalt». Précision du coordonnateur de CAJJ au micro de La Guardia.
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Des défis des conditions des travailleurs dans les entreprises minière
Malgré l’importance économique du secteur minier, les conditions de travail restent une préoccupation majeure. Parmi les problèmes soulevés figurent les horaires excessifs, les rémunérations jugées insuffisantes, les conditions de travail dangereuses et les inégalités de traitement. L’absence de certaines primes de risque et les difficultés liées à la représentation syndicale sont également évoquées. Sans oublier le manque de sommeil à cause des jours de travail et des nuits intenses. Ces problèmes s’accentuent avec le développement de plusieurs maladies professionnelles. Tout est clair que les entreprises minières ne respectent les droits des travailleurs.
Par ailleurs, CAJJ précise que plusieurs rapports ont mis en évidence des difficultés liées au respect de la législation du travail et des droits humains dans le secteur minier. «Ces constats soulignent la nécessité de renforcer les mécanismes de contrôle et de responsabilisation des entreprises». Révèle l’organisation de Me Josué Kashal dans la note d’activité.

Quels remèdes?
Malgré la présence des syndicats dans les entreprises minières, les droits des travailleurs restent toujours bafoués. A ces défis, le CAJJ et RAID entendent favoriser le dialogue entre les organisations de la société civile et les syndicats. L’objectif est également de définir des stratégies opérationnelles pour mettre en œuvre ces recommandations. Il s’agit notamment de renforcer le respect des droits des travailleurs tout au long des chaînes d’approvisionnement en minerais stratégiques.
Selon le syndicaliste, Me Jean Claude Mwenda M’siri, il y aurait en RDC plus de 800 organisations syndicales pour les employés. Contrairement aux autres pays où on trouve un syndicat pour un seul secteur. «plus de la moitié des entreprises minière du Lualaba ne sont pas syndiqués». A-t-il dit. Par contre, Claude Mwenda M’siri, jette la faute de cette situation à l’irresponsabilité de l’Etat congolais par le biais de l’inspection du travail.
« Le manque d’implantation du syndicat dans une entreprise se fait sanctionné par l’amende de 5000 dollars. Cette somme ne représente rien pour les entreprises et qui préfèrent payer l’amende que d’avoir les syndicats pour se faire contrôler ». Regrette Me M’siri dàs son intervention.
C’est dans ce contexte que les panélistes proposent une solution pour sécuriser les travailleurs engagés dans les entreprises minières. Ils exigent qu’il y ait des lois qui soient plus contraignantes contre les entreprises pour que les droits des travailleurs soient respectés.
En définitif, le CAJJ s’implique pour que les travailleurs qui contribuent à l’extraction de ces minerais doivent également bénéficier de conditions de travail décentes et du respect de leurs droits.

