Lubumbashi : l’incinérateur de Sendwe face aux exigences environnementales
L’Hôpital de référence Jason Sendwe de Lubumbashi, vient de mettre en service un nouvel incinérateur biomédical. Il est doté d’une capacité annoncée d’incinérer deux tonnes de déchets par jour. Cet équipement vise à améliorer la gestion des déchets hospitaliers et à lutter contre l’insalubrité. Toutefois, cette initiative soulève une question essentielle. Tous les déchets biomédicaux peuvent-ils être brûlés ensemble sans risque pour la santé humaine et l’environnement ?
Lorsqu’on franchit la barrière de l’hôpital sur l’avenue Sendwe, le nouvel incinérateur est installé au coin à gauche. C’est au même endroit où il y avait l’ancien équipement à côté du mur qui sépare l’hôpital et le couvent des religieuses du lycée Wema. En face de l’hôpital Janson Sendwe se trouvent plusieurs magasins et des petits commerçants. Ils y exercent leurs activités à longueur des journées.
Cependant, un membre du personnel soignant qui a requis l’anonymat , se veut rassurant. L’incinerateur est isolé et ne devrait avoir aucun impact ni sur les malades ni sur les habitations environnantes, doit-il.
Des exigences environnementales
L’environnementaliste Charles Tsheya Mulopwe, salut l’initiative. Il estime que l’installation d’un incinérateur dans un hôpital est envisageable. Cependant, son emplacement et son fonctionnement doivent respecter la législation environnementale congolaise.
Il souligne notamment la distance entre le site d’installation et les habitations. Il recommande également la réalisation en amont d’une étude d’impact environnemental et social (EIES).
Selon lui, une mauvaise gestion des déchets biomédicaux peut entraîner la contamination de l’air, des sols et des eaux. Elle peut en outre avoir des risques sanitaires, provoquer des incendies et des émissions de gaz à effet de serre.
Pour limiter ces dangers, il préconise le tri préalable des déchets, et le renforcement des capacités des agents.
“Les produits électroniques, chimiques, biomédicaux et atomiques doivent être incinérés séparément. Ce qui permettra d’ éviter la pollution, la contamination et autres impacts sur les écosystèmes humains, sociaux et écologiques, souligne- t- il.
Du côté de l’hôpital Sendwe, les sources proches des responsables indiquent que l’incinerateur est conçu pour traiter différents types de déchets. Néanmoins, précisent ces sources, un tri sera fait au préalable par un personnel qualifié. Chaque catégorie de déchets sera ainsi regroupée séparément avant son incinération.
La gestion des cendres et la maîtrise des émissions
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Au-delà de sa capacité annoncée de deux tonnes par jour, deux éléments méritent donc d’être documentés. C’est notamment le contrôle des émissions atmosphériques et la gestion des cendres.
Pour le professeur Kayembe Kayembe Lobo Jean-Pierre, un autre chercheur en environnement, des déchets médicaux brûlés peuvent être valorisés sans polluer. ”Il existe des technologies permettent d’incinérer pour produire la chaleur, le charbon vert, ou autres commodité qu’on peut commercialisé.”
Mais l’OMS, indique que les résidus de combustion peuvent contenir des métaux lourds et des substances toxiques susceptibles de contaminer les sols et les eaux. Ainsi, indique encore cette organisation, la collecte, le stockage et l’élimination des cendres doivent respecter des conditions de sécurité adaptées.
Il faut dire l’hôpital Sendwe entend également offrir le service d’incineration à d’autres structures sanitaires ainsi qu’aux commerçants. Ce service sera payant. Les recettes générées serviront notamment à assurer l’entretien de l’incinérateur et à contribuer à son fonctionnement.

