AMI 2026 : Louis Watum appelle à faire des minerais stratégiques un levier de souveraineté

AMI 2026 : Louis Watum appelle à faire des minerais stratégiques un levier de souveraineté

À Lubumbashi, le représentat du ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, Franck Fwamba, a plaidé pour un accompagnement constructif des accords stratégiques de la RDC avec les États-Unis et ses autres partenaires par tous les congolais. Il a également insisté sur les exigences de transparence, de transformation locale, de participation des Congolais au capital minier et de retombées concrètes pour les communautés, selon la vision du Chef de l’Etat.

La République démocratique du Congo doit transformer ses immenses richesses minières en une prospérité durable partagée . Et cela doit être visibles dans le quotidien de sa population, comme le prone le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. C’est le message central porté par Franck Fwamba K. Il est chargé de missions chargé du suivi des minerais stratégiques, représentant du ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, à la dixième édition de l’Alternative Mining Indaba de la République démocratique du Congo (AMI-RDC 2026), organisée à Lubumbashi du 28 au 30 octobre 2026 en présence des députés nationaux et sénateurs, des membres du corps consulaire et des partenaires au developpement, des ministres provinciaux du Haut Katanga et du Haut Lomami, le monde académique, les communautés affectées par les projets miniers venus de différentes provinces du pays.

Accords internationaux sur les minerais : une opportunité

Intervenant autour du thème « Accords internationaux sur les minerais stratégiques de la RDC : opportunités, défis et perspectives », le représentant du ministre a appelé les institutions publiques, les organisations de la société civile, les communautés locales, les experts, les chercheurs, les opérateurs économiques et la jeunesse congolaise à s’impliquer activement dans la construction d’une gouvernance minière plus efficace, responsable et orientée vers les résultats.

Au cœur de son intervention : la nécessité de soutenir les partenariats stratégiques engagés par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. C’est notamment avec les États-Unis, qui veut que ces accords servent effectivement les intérêts nationaux dont le développement des infrastructures, la lutte contre la pauvreté, l’intégrité du pays et la sécurité du territoire national.

Des partenariats stratégiques au service de la souveraineté congolaise

Pour le représentant du Ministre des mines, les accords internationaux sur les minerais stratégiques ne doivent pas être considérés comme de simples instruments commerciaux. Car le Chef de l’Etat le veut comme des leviers de transformation économique. Il le considère aussi comme des leviers de renforcement de la souveraineté nationale et de consolidation de la sécurité du pays.

La RDC dispose de ressources essentielles à la transition énergétique mondiale Il s’agit notamment du cuivre,  du cobalt et le lithium. L’enjeu consiste désormais à dépasser le modèle dans lequel le pays exporte principalement ses matières premières. Cette fois-ci le pays veut exporter des produits transformés à forte valeur ajoutée.

« La République démocratique du Congo est de retour. Elle est prête à nouer des partenariats stratégiques, fiables, transparents et surtout gagnants-gagnants », a rappelé Franck Fwamba.il  reprenait ainsi le message du chef de l’État dans le cadre de sa vision des partenariats internationaux.

Cette orientation suppose des engagements mesurables en matière d’investissements. Cela implique aussi des engagements en matière de construction d’infrastructures, de transformation locale, de formation professionnelle, de transfert de technologies et de création d’emplois.

Le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, accorde une importance particulière à cette dynamique. Sa participation au Comité conjoint de suivi du partenariat stratégique entre la RDC et les États-Unis, sur désignation par le Président de la République, s’inscrit dans la volonté de faire de la coopération internationale un instrument concret de développement.

À cet égard, le message du ministre est sans ambiguïté. Le 11 février 2026, lors du Mining Indaba en Afrique du Sud, il déclarait : « Nous n’avons rien vendu, et nous ne vendrons rien pour rien. »

Des partenariats satisfaisants

Pour Franck Fwamba, cette position traduit une exigence fondamentale.  Aucun partenariat ne saurait être pleinement satisfaisant s’il ne génère pas de valeur pour la RDC. De plus si il  ne renforce pas ses capacités nationales et ne contribue pas à améliorer les conditions de vie de ses citoyens.

L’objectif n’est donc pas d’opposer les partenaires internationaux les uns aux autres. Le but est de diversifier les relations de la RDC, de négocier en position de responsabilité et de préserver sa liberté de choix.

Lire aussi :RDC -AMI10: les exonérations fiscales minières au cœur d’un débat animé par le Centre Carter À Lubumbashi, le représenta

Louis Watum Kabamba : faire participer davantage les Congolais à la richesse minière

Au-delà des accords internationaux, l’intervention de Franck Fwamba a mis en lumière plusieurs priorités défendues par le ministre des Mines en application des instructions du Chef de l’Etat et en application des lois du pays : la création de chaînes de valeur locales, la participation des Congolais au capital des entreprises minières, la formation des travailleurs, le transfert de technologies et la protection de l’environnement.

L’ambition est de faire évoluer le secteur minier vers un modèle dans lequel les Congolais ne seraient plus seulement des travailleurs, des sous-traitants ou des fournisseurs de services, mais aussi des acteurs économiques, des investisseurs et des bénéficiaires directs de la croissance du secteur.

Dans cette perspective, Franck Fwamba a évoqué l’objectif d’une participation congolaise de 10 % au capital des entreprises minières, répartie entre 5 % destinés aux travailleurs et 5 % aux citoyens congolais. Il a également mis en avant la nécessité d’accroître la participation des Congolais dans les entités économiques et les activités liées à la chaîne de valeur minière.

Ces orientations traduisent une ambition plus large du premier citoyen congolaise mises en application par son capitaine à la tête du secteur minier : renforcer l’inclusion économique nationale, encourager l’émergence d’une classe d’investisseurs congolais et permettre aux travailleurs de bénéficier davantage de la valeur qu’ils contribuent à produire.

La formation

La formation des ingénieurs, des techniciens et de la main-d’œuvre locale constitue un autre pilier de cette vision. Le transfert effectif de technologies doit permettre aux entreprises et aux institutions congolaises de développer progressivement les compétences nécessaires à la transformation industrielle des ressources nationales.

La création de chaînes de valeur locales, notamment dans le cuivre, le cobalt et, à terme, le lithium, représente ainsi un enjeu stratégique pour l’emploi des jeunes, la diversification de l’économie et la réduction de la dépendance aux exportations de matières premières brutes.

Des milliards mobilisés, mais des retombées communautaires encore à renforcer

L’un des principaux défis soulevés à Lubumbashi concerne l’écart entre l’importance des revenus générés par le secteur minier et la faiblesse des changements perceptibles dans certaines communautés qui vivent à proximité des sites d’exploitation.

Franck Fwamba a attiré l’attention sur les mécanismes de financement du développement local, notamment les dotations liées aux cahiers des charges, les redevances minières et les mécanismes de financement infranationaux.

Il a évoqué un ordre de grandeur d’environ 5 milliards de dollars américains associé aux différents flux et mécanismes financiers concernés.

La question fondamentale demeure : comment garantir que les fonds générés par l’activité minière et gérés par les Entités Territoriales Décentralisées et les provinces financent effectivement des routes, des écoles, des centres de santé, l’accès à l’eau potable, l’électricité, la formation professionnelle et des activités économiques durables, préparent l’après-mines?

La mutualisation et la gestion efficiente des ressources infranationales figurent parmi les pistes du Ministre des mines, susceptibles de renforcer la coordination des investissements locaux, d’éviter la dispersion des financements et d’améliorer le suivi des projets.

Une telle démarche doit s’accompagner de mécanismes de contrôle, de publication des informations financières, d’évaluation des résultats et de participation des communautés aux décisions qui les concernent.

Le développement communautaire ne peut se limiter à l’annonce des montants mobilisés. Il doit être apprécié à travers les réalisations effectivement achevées, leur qualité, leur utilité sociale et leur capacité à améliorer durablement les conditions de vie.

C’est dans cette perspective que prend tout son sens la vision défendue par Louis Watum Kabamba : mettre fin aux « îlots de richesse entourés d’océans de pauvreté » dans les zones minières.

L’après-mine se prépare dès le premier coup de pioche

La responsabilité du secteur minier ne s’arrête ni à l’extraction des ressources ni au paiement des obligations fiscales et sociales. Elle implique également la protection de l’environnement, la réhabilitation des sites, la gestion des risques et la préparation de l’économie locale à l’épuisement inévitable des gisements.

Franck Fwamba a rappelé l’importance accordée par le President de la République et le ministre des Mines à la protection environnementale, au respect des obligations des entreprises et à l’anticipation de l’après-mine.

La formule défendue par Louis Watum Kabamba résume cette approche : l’après-mine doit se préparer dès le premier coup de pioche, et non attendre le dernier.

Cette exigence appelle une planification de long terme. Les territoires miniers doivent pouvoir continuer à vivre, à produire et à créer des emplois lorsque les activités extractives auront diminué ou pris fin.

La diversification économique, notamment vers l’agriculture, l’énergie, l’industrie et les services, constitue à cet égard une nécessité. Elle doit être accompagnée d’investissements dans les infrastructures, la formation et le développement des petites et moyennes entreprises congolaises.

La valorisation des ressources stratégiques doit donc être pensée comme une politique de développement territorial, et non comme une simple stratégie d’exportation.

Société civile : de la vigilance à la proposition constructive

L’un des messages les plus marquants des interventions du représentant du Ministre des mines concerne la place de la société civile dans la gouvernance minière.

Franck Fwamba a invité les organisations citoyennes à poursuivre leur mission de contrôle, de documentation et de défense des droits des communautés, tout en formulant des propositions constructives susceptibles d’améliorer les politiques publiques : “au lieu de continuer à jeter les pierres au gouvernement et au Chef de l’Etat pour détruire et accuser, apportez les pour bâtir ensemble avec eux la Maison-RDC.”

Cette invitation intervient dans un contexte où les accords internationaux sur les minerais stratégiques suscitent des attentes, mais aussi des interrogations sur leur contenu, leurs contreparties, leurs mécanismes de suivi et leurs effets réels sur la population.

Pour le représentant du ministre, l’enjeu est de dépasser les confrontations improductives et de privilégier un dialogue orienté vers des solutions concrètes.

Il a ainsi appelé les acteurs de la société civile à contribuer positivement aux initiatives engagées dans le secteur minier sous la présidence de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo et sous la conduite du ministre Louis Watum Kabamba.

Cette démarche ne saurait toutefois signifier un renoncement à l’indépendance des organisations citoyennes. Une gouvernance minière solide nécessite précisément une société civile libre, capable de signaler les irrégularités, d’interroger les décisions publiques et de proposer des améliorations dans le respect des lois et des libertés fondamentales.

La critique argumentée, lorsqu’elle repose sur des faits et vise l’intérêt général, peut devenir un instrument d’amélioration de l’action publique.

Le défi consiste donc à instaurer un dialogue exigeant entre le gouvernement, les entreprises, les communautés et les organisations citoyennes, dans lequel les propositions sont examinées sur le fond et les engagements évalués à partir de résultats vérifiables.

ITIE RDC : la transparence comme exigence de gouvernance

La transparence a également occupé une place importante dans le message adressé aux participants de l’AMI-RDC 2026.

L’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) constitue un cadre important pour améliorer la publication des informations relatives aux revenus du secteur extractif, renforcer le dialogue entre les parties prenantes et favoriser une meilleure compréhension de la gestion des ressources naturelles.

La RDC a développé, dans ce cadre, une dynamique de participation associant les pouvoirs publics, les entreprises et la société civile.

Pour que cette transparence produise des effets tangibles, elle doit aller au-delà de la publication des recettes. Elle doit permettre aux citoyens de comprendre comment les ressources sont collectées, réparties et utilisées, mais aussi de mesurer les résultats des dépenses financées par les revenus miniers.

La transparence financière, le contrôle citoyen, la responsabilité des entreprises et l’évaluation des projets communautaires sont autant de conditions nécessaires pour restaurer la confiance et faire du secteur extractif un moteur de développement.

Dans cette perspective, le dialogue entre les autorités publiques et les organisations de la société civile doit demeurer ouvert, documenté et orienté vers des améliorations concrètes.

Minerais stratégiques, sécurité nationale et intégrité territoriale

L’intervention du Ministre des mines, par son représentant Franck Fwamba, a également rappelé que les enjeux miniers de la RDC ne peuvent être dissociés de la paix et de la sécurité.

Les ressources minérales constituent un atout économique majeur, mais leur exploitation illégale et les circuits de commercialisation opaques peuvent également alimenter les réseaux de contrebande et les dynamiques de conflit.

La lutte contre ces pratiques suppose un renforcement de la traçabilité, des contrôles, de la coopération internationale et au respect de la législation minière sur l’ensemble du territoire par tous.

La défense de la souveraineté sur les ressources naturelles doit ainsi s’accompagner d’une politique cohérente de sécurisation des chaînes d’approvisionnement, de lutte contre les flux illicites et de protection des populations soutenues par tous les congolais.

Pour la RDC, les partenariats stratégiques ne peuvent être pleinement efficaces que s’ils contribuent aussi à la stabilité du pays, au respect du droit international et à la protection de son intégrité territoriale.

AMI-RDC 2026 : des recommandations aux résultats mesurables

En clôturant son intervention, Franck Fwamba a invité les participants à faire de cette dixième édition de l’Alternative Mining Indaba un espace de dialogue franc, débouchant sur des recommandations concrètes et des engagements mesurables à court, moyen et long termes.

L’enjeu est désormais de traduire les échanges en une feuille de route susceptible d’être suivie et évaluée.

Parmi les priorités figurent la transformation locale des minerais stratégiques, le développement des infrastructures, la participation économique des Congolais, la formation des travailleurs, le transfert de technologies, la protection de l’environnement, l’amélioration des retombées communautaires, la défense de l’intégrité nationale, la sécurité des populations contre les occupants rwandais.

La réussite de cette démarche dépendra de la capacité des différentes parties prenantes à définir des objectifs précis, à identifier les responsabilités de chaque acteur et à publier régulièrement les progrès accomplis.

Le secteur minier congolais se trouve à un moment déterminant. La demande mondiale en minerais stratégiques ouvre des perspectives considérables, mais elle ne garantit pas, à elle seule, le développement du pays.

Des choix politiques

Ce développement dépendra des choix politiques, de la qualité des négociations, de la solidité des institutions, de la transparence dans la gestion des revenus et de la capacité à investir dans les compétences et les activités productives.Le message porté par Franck Fwamba au nom du ministre Louis Watum Kabamba se veut donc un appel à la mobilisation nationale derrière le Président de la République et Chef de l’Etat Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo : soutenir les partenariats qui servent les intérêts de la RDC, renforcer les mécanismes de contrôle et de responsabilité, et faire de chaque ressource exploitée une opportunité de progrès pour la population.L’ambition est claire : que les minerais stratégiques congolais ne soient plus seulement une richesse recherchée par le monde, mais deviennent aussi un fondement de la prospérité des Congolais et un levier de souveraineté nationale.

Franck Fwamba K. est chargé de missions chargé du suivi des minerais stratégiques au ministère des Mines de la République démocratique du Congo.