Kolwezi: 29 habitants attaquent COMMUS en justice

Kolwezi: 29 habitants attaquent COMMUS en justice

Le Tribunal de commerce de Kolwezi a tenu ce mardi 3 novembre 2026, une première audience publique dans  l’affaire qui oppose 29 habitants contre la Compagnie minière de Musonoie Global (COMMUS). Les requérants accusent la société minière de pollution de l’air et de l’eau. Celle-ci affecte leur santé ainsi que les moyens de subsistance. Ainsi, ces victimes réclament 1.3 millions de dollars d’indemnisation et 5 millions pour la réparation de l’environnement. 

Le tribunal de commerce à Kolwezi a vécu ce mardi 03 novembre, une ambiance particulière. A 15 heures locales, l’audience s’ouvre. Dans la salle, une vingtaine de personnes  dont le visage est à moitié couvert y ont pris place. Le juge Ngwej Tshikomb, appelle la cause qui oppose madame Nathalie Kalombo et consorts à la société minière COMMUS. En effet, ce dossier oppose 29 personnes provenant des quartiers Golf, Musonoi et du village Pierre Muteba. Ils sont tous des riverains des installations de l’entreprise minière COMMUS. Parmi eux figurent 5 élèves et 2 petits enfants nés avec une malformation congénitale.

Des accusations

A cette première audience préparatoire, les membres des communautés étaient assistés de trois avocats . La société COMMUS était également représentée par trois avocats. les requérants dénoncent la pollution de l’environnement due aux activités minières de cette société, une filiale du groupe chinois Zijin Mining.

Les plaignants mettent aussi en cause l’Etat Congolais ainsi que l’agence Congolaise de l’environnement, ACE. Ils leur  reprochent  la  négligence. Les deux institutions n’auraient pas assuré une surveillance des activités minières. En outre, l’Etat Congolais et l’ACE  auraient  failli quant à l’application de la réglementation environnementale.

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COMMUS récuse un juge

A peine l’identification des parties en cause par le tribunal terminée, les avocats de la société COMMUS  soulèvent une exception. Dans une requête déposée séance tenante, ils  récusent l’un de deux juges consulaires. Pour maitre Patrick Ilunga, avocat de l’entreprise, il faut veiller à un procès équitable.   ” Mr Chansa Abdalah est engagé dans un contentieux judiciaire avec COMMUS devant la cour d’appel du Haut Katanga” a-t-il déclaré.

S’en suit alors un débat de près de 40 minutes. Enfin, le juge  Ngwej tire la conclusion. L’audience est suspendue jusqu’à l’examen de la requête par la cour d’appel du Lualaba.” La séance est levée en attendant une prochaine audience.

Des études scientifiques évoquent une pollution importante

Depuis plus d’une décennie, les communautés vivant autour des installations de la société COMMUS se plaignent. ” J’habite le quartier Golf. J’ai eu un enfant qui n’a que trois doigts sur sa main droite. C’est une malformation congénitale, témoigne Jeanne dont le nom a été modifié. Ensuite, ajoute-t-elle, la société a détruit notre environnement.

L’ action en justice intervient ainsi après celles de plaidoyer mais sans succès, indiquent encore les victimes. Pourtant, en juin 2026, de plusieurs études scientifiques indépendantes ont fait le lien entre la pollution et les problèmes de santé. Elles étaient  commandées par l’ONG britannique RAID et l’organisation congolaise AFREWATCH.

À l’école Galaxy, située à proximité de la mine COMMUS et fréquentée par environ 1 500 enfants, les résultats sont inquiétants. En effet, les chercheurs de Source International ont relevé des concentrations de particules fines PM2,5 près de trois fois supérieures à la limite recommandée par l’OMS.

Par ailleurs, les poussières analysées présentaient également des concentrations élevées de cuivre et de cobalt. Selon les chercheurs, leur empreinte chimique indique une origine liée à l’exploitation minière industrielle. Les scientifiques ont également relevé une forte acidité de l’eau .

Les habitants demandent reparation

A l’issue du procès, les requérants réclament une  indemnisation à hauteur de 1.3 millions USD. Ensuite, ils exigent la réparation de l’environnement. ”Tous ce qu’ils c’est vivre dans un environnement sain” , déclare Donat Safu, membre de l’ong Afrewatch. De ce fait, ils attendent de tribunal d’ordonner COMMUS à changer ses méthodes de traitement de minerai.

Pendant ce temps, COMMUS conteste les accusations de pollution . En juillet 2026 , la société COMMUS avait réagi à la publication du rapport de deux organisations. Dans une lettre adressée à  RAID et AFREWATCH, COMMUS a affirmé respecter la réglementation environnementale congolaise. L’entreprise soutient que ses propres mesures de l’air indiquent que sa qualité respecte généralement les normes applicables. La société évoque par ailleurs  les mesures prises pour limiter les poussières et gérer les eaux usées. Elle s’est engagée à renforcer la surveillance environnementale indépendante et le dialogue avec les communautés.

Il faut noter que selon  l’article 285 bis du Code minier congolais, il revient aux entreprises accusées d’impacter l’environnement , de prouver le contraire. Si non, elles sont tenues pour responsables.