Les stations-service rationalisent la vente de l’essence ?

Les stations-service rationalisent la vente de l’essence ?

À Lubumbashi, l’approvisionnement en essence ne semble pas connaître la même réalité dans toutes les stations-service. Alors que certaines continuent de servir les clients normalement, d’autres limitent leurs ventes ou déclarent ne plus disposer de stock pendant certaines périodes de la journée.

A la station-service Formula sur avenue Kasa-Vubu, seuls les abonnés sont approvisionnés en essence, explique un des vendeurs. Les autres clients  sont servis à des heures précises. ”Nous recevons les autres clients uniquement le matin et le soir. Pendant la journée, l’essence est réservée à nos abonnés », dit-il. À quelques mètres sur l’avenue Kapenda, la vente de l’essence est rationalisée. La station-service sert le carburant par intermittence.

Face à ces difficultés, plusieurs conducteurs se tournent vers des revendeurs informels afin de poursuivre leurs activités. « Nous sommes souvent obligés d’acheter auprès des kadaphi. Dans certaines stations, on nous dit qu’il n’y a que du mazout. Soit , on nous demande de passer  plus tard car il y a rupture de stock » indique Ngoie Joseph un chauffeur de taxi-bus.

D’autres stations-service, par contre, tournent normalement. C’est notamment chez Mulykap ou encore à la station-service Lumia et Global malgré des ruptures momentanées de stock. « Nous vendons normalement. Les stations qui ferment ou limitent leurs ventes se plaignent surtout du nombre de taxes. Mais nous avons entendu qu’il y aurait des discussions avec le gouvernement », indique Maguy  Banza une pompiste.

Tarif officiel non respecté

Au delà de la rareté de l’essence, les conducteurs dénoncent également le non-respect du tarif officiel de l’essence. Le litre serait vendu à plus cher que le prix officiel. « D’abord ils ne vendent pas comme d’habitude. Et le prix affiché n’est pas conforme au prix fixé par l’État. Au lieu de 3 930 FC  le litre, nous payons plus, voire 4 300 FC » indique  Mathieu Ngalula, un motard rencontré au centre-ville.

D’autres expliquent que dans les stations ouvertes, seul le gasoil est disponible.

Lire aussi: Kalemie: Reprise des activités, le prix de l’essence peut être revu

Un problème de taxes ?

Qu’est-ce qui justifie cette rationalisation dans la vente de l’essence ? Les explications avancées par les pompistes varient. Les uns évoquent le poids des taxes et la faiblesse des marges bénéficiaires. Ce qui rend l’activité moins rentable, disent-ils. « Il y a beaucoup de taxes qui entrent en jeu . Avec le prix actuel, il n’y a pratiquement pas de gain » explique Jean Yav un pompiste.

Les autres parlent du prix toujours élevé du baril au niveau international. “Malgré la réouverture du détroit d’Ormuz, le prix du baril n’a pas encore baissé. Entre-temps, nous avons des stocks d’essence que nous avions achetés à un prix élevé et nous devons les évacuer”, indique un autre pompiste.

Malgré ces ventes variées selon les stations, aucune interruption générale de la vente d’essence n’est observée dans la ville. Chaque station-service fonctionne selon ses propres contraintes.

Pour rappel, en avril dernier le ministère de l’Économie nationale avait validé de nouvelles grilles tarifaires pour les sociétés pétrolières qui opèrent dans les différentes zones du pays. Dans la zone Sud, qui comprend notamment le Haut-Katanga, les prix à la pompe sont fixés à 3 930 FC le litre pour l’essence. Et le gasoil se vend à 4 435 FC .