Pollutions minières: jouissent-elles de l’impunité ?
L’Institut de Recherche en Droits Humains (IRDH) tire la sonnette d’alarme. Dans un mémorandum adressé au Président de la République et rendu public ce 6 août 2026, cette organisation dénonce ce qu’elle qualifie d’« institutionnalisation de l’impunité » dont bénéficieraient les entreprises minières Somika, CDM et Chemaf SA. D’après l’IRDH, ces 3 entreprises sont impliquées dans de graves atteintes à l’environnement.
En effet, L’Institut de Recherche en Droits Humains, l’IRDH en sigle est sorti de son silence. Cette organisation adresse un mémorandum au Chef de l’Etat sur les abus causés par les entreprises minières la Société Minière du Katanga (SOMIKA), Congo Dongfang International Mining SAS (CDM) et de Chemaf SA aux communautés. Ces entreprises sont pointées du doigt accusateur d’être à la base des pollutions environnementales ou des drames humains. Ces cas sont restés sans réparations effectives, malgré les préjudices subis par les communautés.
Par ailleurs, l’irdh estime que cette situation intervient dans un contexte de forte demande mondiale en minerais stratégiques. Mais également une période d’ambition gouvernementale d’accroître la production nationale de cuivre, notamment après la signature du projet « Vault » avec les États-Unis.
SOMIKA : des déversements d’acides aux conséquences durables
L’IRDH revient sur deux incidents survenus les 26 et 29 avril 2026 dans les installations de SOMIKA, à Kipushi. D’importantes quantités d’acides se seraient déversées sur la route menant au village Kwampisha avant d’être redirigées vers la rivière Kasonta, un affluent alimentant le lac artificiel de l’INERA.
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Pour l’organisation, ces faits s’ajoutent à des plaintes déjà enregistrées depuis 2021. Elle accuse l’entreprise de multiplier les promesses de réparation sans mise en œuvre concrète, alors que les risques pour la biodiversité aquatique, la santé publique et l’environnement demeurent.
CDM et Chemaf : des réparations toujours attendues
L’IRDH cite également le dossier de CDM, accusée d’avoir déversé, en novembre 2025, plus de 2,5 millions de mètres cubes d’eaux usées. Ces eaux chargées en métaux lourds dans étaient versées dans les quartiers de Kasapa, Kamatete et Kamisepe. Bien que le ministère des Mines ait ordonné le paiement de six millions de dollars de réparation collective et de plus de 682 000 dollars d’indemnisations individuelles, l’organisation affirme que ces mesures restent inexécutées plus de sept mois après.
En outre, Chemaf SA fait partie des sociétés minières qui violent le code minier selon L’IRDH. Cette structure rappelle le décès tragique de l’élève Bulafia Mwana Christian. Celui-ci est noyé le 11 mars 2025 dans un bassin de rejets abandonné sur le site d’Usoke, à Lubumbashi. Selon toujours elle, les parents de la victime attendent une indemnisation.
Un appel à la justice environnementale
Au-delà de ces trois affaires, l’IRDH dénonce la passivité des juridictions et des services publics chargés du contrôle du secteur minier. L’organisation estime que cette inaction fragilise l’application du Code minier et compromet la protection des populations vivant à proximité des sites d’exploitation.
Dans son mémorandum, l’Institut demande au Président de la République d’intervenir. C’est pour que le respect des droits des victimes soit garanti. Mais cela permet d’assurer l’exécution des obligations environnementales des entreprises minières et de renforcer la justice environnementale en République démocratique du Congo. L’IRDH se dit disposé à mettre son expertise à la disposition des autorités pour accompagner toute initiative visant à protéger les communautés et leur environnement.

