Forum africain sur l’eau : la RDC face au paradoxe de l’eau potable

Forum africain sur l’eau : la RDC face au paradoxe de l’eau potable

Alors que le forum africain sur l’eau se tient à N’Djamena, au Tchad, une question traverse les débats : comment garantir l’accès à l’eau potable à des centaines de millions d’Africains ? En République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi a rappelé les importantes ressources hydriques de son pays. Cependant, des millions de Congolais n’ont toujours pas accès à l’eau potable. 

 

Au quartier Tshamalale dans la commune annexe à Lubumbashi, l’eau coule au robinet par intermittence. En effet, les habitants de ce quartier passent parfois plus d’une semaine sans eau. Dans d’autres quartiers, comme dans la commune de la Ruashi, les robinets sont secs depuis plusieurs mois. Si l’accès à l’eau de la Regideso est un problème dans une ville comme Lubumbashi, la situation est plus critique en milieu rural.

Pourtant, avec le fleuve Congo, ses innombrables rivières, ses lacs et ses nappes souterraines, la RDC concentre à elle seule près de la moitié des réserves d’eau douce de l’Afrique. Selon le ministère des Ressources hydrauliques, le potentiel est estimé à 52 % des réserves en eau douce de l’Afrique et 13 % dans le monde. Mais ces chiffres contrastent pourtant avec le quotidien de millions de Congolais. Certains sont obligés de parcourir plusieurs kilomètres pour s’approvisionner en eau. D’autres recourent à des sources non sécurisées.

Selon l’enquête démographique et de santé 2023-2024, 43 % des Congolais seulement utilisent un service élémentaire d’eau potable. L’enquête indique en outre qu’il faut au moins 30 minutes pour accéder à une source d’eau améliorée. Dans les zones rurales, certaines provinces affichant des taux d’accès inférieurs à 30 %.

Des infrastructures insuffisantes

Ce paradoxe s’explique principalement par le déficit d’infrastructures. Les réseaux de distribution de la REGIDESO couvrent principalement les grandes agglomérations. Cependant, une grande partie des zones rurales est dépourvue de systèmes modernes d’adduction d’eau.

Dans plusieurs villes comme Lubumbashi, les installations existantes ne répondent plus à la forte demande de la population. Au quartier Masangoshi à Lubumbashi, aucun ménage n’est raccordé au réseau de la Regideso. De plus, les coupures régulières obligent les habitants à dépendre des puits et des forages.

A lire aussi, Lubumbashi-Masangoshi: 0% des ménages connectés à la Regideso

Avec ses 2,3 millions de kilomètres carrés, la RDC est le deuxième plus vaste pays d’Afrique. En outre, la population congolaise, estimée à plus de 110 millions d’habitants, augmente rapidement . Cependant, les investissements dans le secteur de l’eau sont presque inexistants.

Augmenter le taux d’accès à l’eau potable

L’un des principaux objectifs du Forum africain sur l’eau est de mobiliser davantage de financements pour les infrastructures hydrauliques africaines. Le Tchad et la Banque mondiale espèrent faire émerger de nouveaux mécanismes d’investissement. Ce qui pourrait permettre d’accélérer l’accès universel à l’eau sur le continent.

Ainsi, le chef de l’État de la RDC s’est engagé à Ndjamena à relever le niveau d’accès de la population à l’eau potable. Felix Tshisekedi ambitionne de ramener le taux de 43 % à 60 % dans environ 10 ans. Et pour cela, le président de la RDC a plaidé pour une mobilisation des investissements dans le secteur de l’eau.