Gouvernance minière en RDC : pourquoi les femmes restent-elles à l’écart des décisions ?

Gouvernance minière en  RDC : pourquoi les femmes restent-elles à l’écart des décisions ?

La question est au cœur d’un atelier de renforcement de capacité qu’organise l’Association africaine de défense des droits de l’homme (Asadho). Une vingtaine de femmes de Lubumbashi y prennent part. Pour cette organisation de la société civile, cet atelier vise à outiller ces femmes pour s’engager dans le débat public sur le secteur minier. Car ces dernières sont les premières victimes de l’exploitation minière.

Pour Asadho,, indique que les femmes sont des piliers des communautés riveraines des mines. Pourtant, elles restent encore peu représentées dans les espaces où se décident l’affectation et la gestion des revenus issus de l’exploitation des ressources naturelles. « En RDC, la participation des femmes à la gouvernance minière demeure un défi », note Jean-Claude Katende, facilitateur de cet atelier. En outre, les organisateurs reconnaissent que l’enjeu dépasse les simples statistiques. Il s’agit de permettre aux femmes de participer réellement aux décisions concernant des ressources qui influencent directement leur quotidien.

Dans les zones rurales par exemple, les femmes dépendent largement de l’agriculture, de la pêche et d’autres ressources naturelles directement affectées par les activités extractives. « Les minerais ont un impact négatif sur tout le monde, mais particulièrement sur la femme », souligne-t-il. Dès lors, leur participation à la gestion des revenus miniers constitue, selon lui, une question d’équité.

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Le constat dressé lors du premier jour de l’atelier est préoccupant. De ce constat, il ressort que dans plusieurs structures chargées de la gestion ou du suivi des revenus miniers, les femmes restent minoritaires, voire absentes. « La répartition en termes de représentation n’est pas faite de manière égale, encore moins de manière équitable », déplore Maître Jean-Claude Katende.

La formation

Dans de nombreuses communautés, les femmes ne bénéficient pas d’une formation adéquate. C’est ce que pense Océane Elvire Nseya, participante à l’atelier. Elle estime que le déficit de formation constitue l’un des principaux obstacles à l’implication des femmes dans la gouvernance minière. Elle insiste également sur la collaboration entre femmes et la nécessité de promouvoir une « masculinité positive ». Son expérience illustre cette faible représentation. Selon elle, les femmes restent minoritaires dans certaines structures de gouvernance, alors qu’elles sont proches des communautés et connaissent leurs besoins.

Cette dernière évoque par exemple le cas de la dot 0,3 de l’entreprise STL dans laquelle elle joue le rôle de la secrétaire. « Notre comité est composé de 12 membres. Parmi lesquels nous sommes 3 femmes », dit-elle. Pour elle, le pourcentage de la représentativité de la femme est encore faible dans les structures de prise de décision.

De la redevance minière aux projets communautaires

L’enjeu se mesure également dans l’utilisation concrète des revenus miniers. Dans les entités territoriales qui bénéficient d’une quote-part de la redevance minière, la participation des femmes peut influencer l’identification des priorités, la sélection des projets et leur suivi.
Pour Maître Katende, il faut donc revoir la composition des structures locales de gouvernance afin d’assurer une représentation féminine significative.

Il propose également la création de mécanismes de bourses permettant d’accompagner les filles performantes jusqu’à l’université. L’objectif est de renforcer leurs qualifications et de préparer une nouvelle génération de femmes capables d’occuper les espaces de décision.

Il sied de noter que pendant les deux jours de l’atelier, les participantes se sont engagées à sensibiliser d’autres femmes pour une prise de conscience.