Lubumbashi: les jeunes face au chômage et au manque d’opportunités
Célébration ce 12 août de la Journée internationale de la jeunesse. À Lubumbashi, les jeunes rencontrés dans les rues de la ville dressent un constat préoccupant des problèmes auxquels ils font face. Chômage, accès difficile à l’emploi, manque de financement et d’opportunités reviennent dans leurs témoignages. Pour certains, l’État doit davantage accompagner la jeunesse. Cependant, d’autres pensent que les jeunes doivent aussi créer leurs propres emplois.
Pour Angelo Asima, jeune étudiant à l’université de Lubumbashi, les difficultés auxquelles sont confrontés les jeunes sont nombreuses. Il cite notamment le manque d’emploi, les difficultés d’accès aux ressources et aux opportunités, mais aussi la prise en charge de la jeunesse. Selon lui, certains jeunes n’ont pas accès au minimum d’éducation nécessaire pour pouvoir se construire un avenir. Il estime que ces difficultés ont plusieurs causes.
Angelo Asima évoque la place qu’occupent les générations plus âgées dans les institutions et les postes de responsabilités. Il croit que certains responsables ne veulent pas laisser place à la jeunesse, malgré leur âge avancé. Toutefois, le jeune étudiant refuse de faire porter toute la responsabilité aux autorités. La jeunesse elle-même, estime-t-il, doit prendre conscience de son rôle dans l’avenir du pays. « La jeunesse n’est pas consciente que c’est elle qui porte l’avenir du pays », soutient-il. Il estime que la jeunesse congolaise doit être capable de pousser au changement.
Le même constat revient dans le témoignage de Rebecca Karumb. Pour cette jeune fille, le problème principal que connaissent les jeunes Congolais reste l’emploi. Elle souligne le paradoxe auquel sont confrontés de nombreux diplômés. « On peut finir les études et être master, licencié, mais pour avoir un travail ou un poste, c’est tout un problème », témoigne-t-elle.
Selon Rebecca Karumb, les jeunes doivent toutefois davantage s’intéresser à l’entrepreneuriat. Elle regrette qu’ils cherchent principalement à être recrutés au lieu de créer leurs propres emplois. Mais elle appelle aussi le gouvernement à multiplier les offres, les stages professionnels et les mécanismes d’accompagnement afin de permettre aux jeunes d’acquérir de l’expérience et d’améliorer leurs compétences.
Projets sans financement et jeunes sans encadrement
Pour Sarah Georgette, le manque d’emploi n’est pas le seul problème. Elle évoque également le manque de soutien financier destiné aux jeunes porteurs de projets. À cela s’ajoute, selon elle, un déficit d’encadrement. Cette situation contribuerait notamment à l’augmentation de la délinquance chez certains jeunes.
Sarah Georgette met également en cause l’organisation du système. Pour elle, accéder à certaines opportunités demeure difficile pour ceux qui ne disposent pas de réseaux ou de relations déjà établis. Elle décrit un système dans lequel les choix professionnels peuvent parfois être influencés par les trajectoires familiales. “Les enfants suivent souvent les professions ou les réseaux de leurs parents, tandis que ceux qui se trouvent en dehors de ces circuits doivent davantage se battre pour se faire une place.”
Tout le monde ne peut pas aller travailler dans les mines.
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Face à cette situation, les jeunes veulent plus d’emploi. Badiba Ngambutu Gloire estime que l’État doit davantage participer à la création d’emplois. Il cite notamment l’initiative d’une entreprise publique de transport à Kolwezi. Il présente cette initiative comme un exemple pouvant créer directement plusieurs emplois. À Lubumbashi, regrette-t-il, les entreprises publiques existantes sont souvent anciennes et emploient déjà des travailleurs plus âgés. Les jeunes éprouvent donc davantage de difficultés à y trouver une place. Il reconnaît que les jeunes doivent eux aussi entreprendre. Mais, insiste-t-il, créer une activité nécessite des moyens et des opportunités, explique-t-il.
Il dénonce aussi les pratiques d’affinité et de favoritisme dans l’accès au financement. Selon lui, certains projets pertinents ne sont pas soutenus parce que leurs initiateurs ne disposent pas des bonnes relations. Cette situation, estime-t-il, nourrit un sentiment d’injustice chez les jeunes.
La célébration de cette journée dédiée aux jeunes est une occasion pour eux de rappeler les attentes d’une génération confrontée quotidiennement à l’incertitude.

