Révision de la Constitution : à Lubumbashi, les jeunes divisés face à la campagne de Grâce Kutino

Révision de la Constitution : à Lubumbashi, les jeunes divisés face à la campagne de Grâce Kutino

La campagne « Oui, je le veux », lancée par la ministre de la Jeunesse et de l’Éveil patriotique, Grâce Emie Kutino, pour soutenir la révision de la Constitution, ne laisse pas les jeunes de Lubumbashi indifférents. Interrogés à l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse ce 12 Aout, les étudiants et jeunes rencontrés affichent des positions contrastées. Certains soutiennent l’initiative. Plusieurs la rejettent. Peu, disent ne pas disposer suffisamment d’informations pour se prononcer.

Face à l’initiative du ministre de la jeunesse, des jeunes Lushois comme  Angelo Asima, étudiant à l’Université de Lubumbashi, s’oppose à la campagne et dit non au changement de la constitution. Il pense que la priorité est ailleurs.

Selon lui, les difficultés d’accès à l’emploi et à l’éducation ne sont pas directement liés au texte constitutionnel. « Qu’on nous donne d’abord de l’emploi et par après qu’on nous dise si on veut changer ou pas la Constitution », affirme-t-il.

Pour ce jeune étudiant, si certaines dispositions constitutionnelles empêchent réellement l’accès des jeunes à l’emploi ou leur progression, elles peuvent être discutées. Mais, selon lui, les difficultés actuelles sont davantage liées à la manière dont le pays est gouverné. « Le problème, c’est les gens », tranche-t-il.

Rebecca Karumb étudiante à Ecopo affirme ne pas soutenir la révision de la constitution. Elle explique ne pas comprendre suffisamment les raisons avancées pour modifier la Constitution. Pour ce faire, la jeune fille demande notamment ce que le nouveau texte apporterait concrètement.

Une critique plus rigoureuse

Sarah Georgette, pour sa part, adopte une position différente.  « Si on me dit de changer la Constitution. C’est sur base de quoi ? Quels sont les avantages ? », S’interroge-t-elle.

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« On est en train de voler la pensée des jeunes », dit Badibanga Gloire. Ce dernier se montre beaucoup plus critique à l’égard de la campagne « Oui, je le veux ». Selon lui, certaines mobilisations de jeunes autour du projet constitutionnel ne permettent pas nécessairement de mesurer l’opinion réelle de l’ensemble de la jeunesse.

Il évoque notamment les tee-shirts distribués pendant certaines activités et les sommes d’argent remises à des participants. « On pense que c’est la jeunesse congolaise qui est en train de s’exprimer. Il faut faire très attention », avertit-il.

Pour lui, un jeune qui reçoit de l’argent ou un avantage matériel pour participer à une mobilisation ne représente pas automatiquement l’opinion de toute la jeunesse congolaise. Il estime que certains jeunes mobilisés peuvent être liés à des réseaux politiques ou à des personnalités influentes. Dans ce contexte, il accuse certains acteurs politiques d’utiliser la jeunesse pour défendre leurs propres intérêts.

Le changement de la mentalité plutot que celui de la constitution

Son inquiétude est donc plus large. La précarité économique des jeunes peut, selon lui, les rendre particulièrement vulnérables à la récupération politique. Badibanga Gloire va plus loin. Pour lui, la priorité devrait être le changement des mentalités et la lutte contre la corruption. « Le plus grand problème de ce pays n’a jamais été la Constitution », estime-t-il.

Selon lui, même une nouvelle Constitution ne suffirait pas à transformer le pays si les pratiques de détournement des ressources publiques persistent. Pour lui, le changement doit donc commencer par la gouvernance, la lutte contre l’impunité et la volonté politique.

Il faut retenir que ce 12 août, les jeunes ont marché sur le boulevard triomphal. Une façon de  répondre l’appel du ministre  fait le jour du lancement de la campagne « Oui, je le veux ».