Lualaba: l’Ecole du Fleuve Congo et l’ADDL alertent sur les impacts environnementaux et sanitaires liés aux activités de Luilu Ressource à Noa
L’École du Fleuve Congo (EFC) et l’Association pour le Développement Durable de Luilu et ses environs (ADDL) dénoncent les dégâts environnementaux et sanitaires à Noa dans la province du Lualaba. L’exploitation minière de l’entreprise Luilu Ressource est pointée du doigt. Les deux organisations appellent les autorités provinciales et l’entreprise à prendre des mesures urgentes. C’était dans un point de presse tenu ce samedi 19 septembre 2026 dans la cité de Luilu.
Depuis l’installation de Luilu Ressource, les populations de la communauté Noa alertent régulièrement sur des risques qu’elles estiment liés aux activités de l’entreprise. Parmi les principales préoccupations évoquées figurent notamment les fumées et les odeurs jugées suffocantes.
Selon l’ADDL et l’EFC, ces nuisances sont associées à plusieurs problèmes sanitaires et environnementaux. «Les habitants font notamment état de toux et de rhumes persistants, de maux de tête, de saignements de nez. Mais également d’irritations cutanées chez certains enfants». Précise La communication des deux organisations qui évoque notamment la corrosion des tôles ainsi que la destruction de certaines cultures.
Des alertes sans amélioration visible
Cependant, malgré les différentes alertes, la situation dénoncée par les habitants ne semble pas avoir connu d’amélioration significative. «En effet, les services techniques de l’État ont effectué des passages sur le terrain. De leur côté, les habitants affirment avoir reçu des promesses de la part de l’entreprise ». Poursuit l’EFC et ADDL.
Pendant ce temps, les activités de Luilu Ressource se poursuivent normalement. Cependant, les mêmes préoccupations continuent d’être exprimées au sein de la communauté.Toutefois, ils disent ne pas avoir constaté de mesures correctives suffisamment visibles
Selon un sexagénaire natif de la Communauté Noa, vivre dans son milieu naturel c’est désormais mourir à petit feu. «Nous vivions mieux avant l’installation de l’entreprise Luilu Ressource. Actuellement il n’est plus possible de récolter nos plantations de bananes qui dessèchent avant de s’effondrer. La poussière et l’odeur d’acide n’en parlons même pas ». Regrette Delphin Kapenda.

Les témoignages recueillis par l’ADDL et l’EFC lors de leurs enquêtes de terrain menées en juin 2026 sont accablants. Des habitants affirment continuer à être exposés à des fumées et à des odeurs qu’ils jugent susceptibles d’affecter leur santé et leur cadre de vie.
Le droit à un environnement sain
C’est ainsi qu’ils rappellent que le droit à un environnement sain constitue un enjeu majeur pour les communautés locales. « Dans cette perspective, l’État est appelé à assurer la protection des citoyens contre les atteintes à leur santé et à leur environnement ».
Ces leaders communautaires ne démangent pas quant à la responsabilité de l’entreprise Luilu Ressources face aux droits des communautés impactées. « les entreprises ont la responsabilité de prévenir et d’atténuer. Et lorsque cela est établi, de réparer les impacts négatifs liés à leurs activités». Précise les structures soutenues par l’ong Afrewatch.
Par ailleurs, les habitants rencontrés reconnaissent les visites effectuées par des représentants des services publics. Toutefois, ils déplorent l’absence de mesures visibles et le manque d’informations sur les résultats des investigations et contrôles qui auraient été menés par les délégations du gouvernement provincial du Lualaba.
Les deux organisations appellent ainsi à une intervention urgente afin de protéger la santé des habitants et l’environnement de Noa. Et recommandent ainsi, la prise en charge des soins médicaux des personnes affectées.
Version de l’entreprise
La rédaction de Magazine Laguardia a contacté l’entreprise pour donner sa version aux allégations de l’EFC et de l’ADDL. Notre source de l’entreprise Luilu Ressource promet de nous revenir avec la version officielle de l’entreprise.
Nous signalons que ce point de presse a été conduit par les leaders communautaires de l’Ecole du Fleuve Congo. Il s’agit de Pierre Mukendi et Jean Mbelenge tous de l’EFC et de Patrick Lukalanga de ADDL.

