RDC: entre inclusivité et format du dialogue, les divergences persistent
La deuxième édition de la Journée nationale Justice et Paix s’est tenue ce 16 septembre au Centre interdiocésain de Kinshasa autour des enjeux du dialogue national. Si la nécessité de se parler fait consensus, les divergences persistent sur le format du dialogue, la participation et les garanties qui doivent encadrer le processus.
En effet, la question du dialogue national continue de susciter des débats en République démocratique du Congo. C’est ainsi que la commission justice et paix a organisée deux panels autour des enjeux et des perspectives de ce processus. Ceci a permis aux différents acteurs de confronter leurs points de vue sur les conditions d’un dialogue inclusif.
Cyril Eboloto, secrétaire exécutif de la commission Justice et paix indique que ces panels sont une option assumée. Ceci intervient après deux évènements organisés par la présidence de la République c’est le discours sur la convocation du dialogue.
La CENCO insiste sur l’inclusivité
Pour la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), aucune paix durable ne peut être construite sans la participation effective de l’ensemble des forces vives de la nation. L’inclusivité est présentée comme une condition essentielle pour garantir la légitimité et la crédibilité du dialogue national.
Cette question divise toutefois les participants sur la manière de conduire le processus. Pour le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, il est encore prématuré de s’opposer au dialogue. Il rappelle que celui-ci doit être considéré comme un processus appelé à évoluer au fil des échanges. De plus, Le ministre soutient que le dialogue initié par le président Félix Tshisekedi n’exclut personne.
« Le dialogue est un processus. Il a été lancé et, chemin faisant, les préoccupations des uns et des autres pourraient être rencontrées » déclare t-il.
Des garanties réclamées pour les participants
Une position qui ne convainc pas Marie-Ange Mushobekwa, cadre du FCC. Pour elle, un véritable dialogue national doit réunir les Congolais autour d’une même table. Elle appelle également les autorités à respecter leur engagement en faveur de la décrispation du climat politique. C’est notamment à travers la libération de personnes qu’elle considère comme des prisonniers politiques arrêtés injustement.
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Elle estime également que l’accompagnement de la CENCO et de l’ECC sont indispensables pour faciliter le processus. « Notre souhait est d’avoir une médiation neutre. Que ce dialogue se tienne dans un autre pays, afin de rassurer sur la sécurité de tous les participants » dit -elle.
De son côté, Martin Fayulu président du parti Ecidé estime que le format actuel du dialogue ne garantit pas une véritable inclusivité. Il plaide pour un cadre plus large, qui pourrait notamment associer les acteurs engagés dans les pourparlers de Doha.
« Le Congo a un problème. Pour le résoudre, il faut un dialogue inclusif où toutes les couches sociales doivent être représentées. Même ceux qui font la guerre doivent être associés. Que chacun donne les causes. Et qu’ensuite nous trouvions ensemble des solutions afin de protéger notre pays » indique t-il.
Un processus déjà formalisé
Il sied de noter malgré que les questions persistent sur le format et l’inclusivité le processus est déjà engagé. Le président de la République a signé, le 11 septembre 2026, l’ordonnance n°26/136 portant institution, organisation et fonctionnement du Comité d’organisation du dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État.

