RDC: les cantines scolaires pour encourager la fréquentation des écoles
Le rapport semestriel de redevabilité du ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté annonce la préparation de 78 cantines scolaires pilotes en RDC. Pour l’année scolaire 2026-2027, chaque province comptera trois cantines scolaires. Dans le Haut-Katanga par exemple, quatre cantines sont déjà en construction dans le secteur de Balamba, dans le territoire de Sakania.
A Sakania, cette initiative prend déjà forme dans le secteur de Balamba. Ici , quatre cantines scolaires y sont en construction. Elles devraient normalement être fonctionnelles dès les premiers jours de la rentrée scolaire 2026-2027. Les travaux concernent l’E.P. Mfundamina située à Kinsenda-Kitotwe. Ils concernent aussi les écoles publiques E.P. Kanfwa et E.P. Kinsenda, à Kinsenda Gare. La quatrième cantine est construite au village Nkundumusha.
Le déploiement de 78 cantines scolaires pilotes figure en effet parmi les actions menées par le ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté au cours du premier semestre 2026. C’est ce qu’indique le rapport semestriel de redevabilité publié par le ministère. Le programme s’inscrit dans la politique nationale d’alimentation scolaire.
Les objectifs des cantines scolaires
Selon la Stratégie nationale d’alimentation scolaire, les cantines doivent notamment augmenter l’accès à l’école. Elles visent à améliorer la fréquentation et la rétention scolaires. Ces cantines doivent également booster la nutrition et le bien-être des élèves. Enfin, elles vont réduire certaines inégalités d’accès à l’éducation.
Le ministère présente aussi l’alimentation scolaire comme un outil de lutte contre l’abandon scolaire. Elle doit améliorer l’assiduité, la concentration et les performances des élèves. Dans les zones dans lesquelles les familles disposent de ressources limitées, un repas à l’école peut encourager les enfants à fréquenter régulièrement les classes, soutient le ministère.
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Entre motivation et priorité aux apprentissages
Pour certains enseignants, la présence d’une cantine peut réellement améliorer la fréquentation scolaire. « C’est une bonne chose parce que les enfants peuvent être davantage motivés à venir à l’école. Cela peut aussi contribuer à lutter contre la non-scolarisation de certains enfants. Et cela va leur permettre de manger de repas sains et utiles à leur croissance » indique Marie rose, une enseignante à Lubumbashi.
Un autre enseignant appelle toutefois à la prudence. Il ne faut pas faire de la cantine la principale raison de la présence des élèves à l’école, dit-il. « C’est une bonne initiative. Nous espérons que leur mise en œuvre ne poserons pas un problème. Cependant, il ne faut pas que l’enfant commence à venir à l’école uniquement pour attendre la nourriture. Il risque de venir pour le repas sans avoir réellement l’intention d’apprendre » souligne l’enseignant Ilunga Mukendi.
De difficultés dans les provinces pilotes
La ville de Kalemie, dans le Tanganyika, fait partie des provinces pilotes. Cependant, plusieurs mois après le lancement du programme national d’alimentation scolaire, la mise en œuvre des cantines scolaires connaît encore des difficultés. Les partenaires nationaux tel que programme alimentaire mondial (PAM) et la Monusco avaient accompagnés le programme et son déploiement. Pour Nathan Mugisho, coordonnateur de l’ASBL Umoja ni Nguvu, le décalage entre les écoles prévues et celles effectivement approvisionnées reste préoccupant. « Sur les 218 écoles prévues dans la province du Tanganyika, seules 43 ont jusque-là été approvisionnées en vivres. Pour les autres écoles le PAM indique que le déploiement pourrait se poursuivre à partir du mois de décembre » explique-t-il.
Le coordonnateur de l’ASBL Umoja ni Nguvu relève également des difficultés liées à la qualité et à la diversité des repas servis. « Dans certaines écoles, les quantités d’huile et de sel sont insuffisantes. Les écoles se débrouillent seuls afin de faire fonctionner les cantines. De plus, les élèves reçoivent principalement du riz et des haricots sans aucun changement. Or, sur le plan nutritionnel, la diversité alimentaire est importante le PAM nous indique que son stock n’est pas encore arrivé » souligne Nathan Mugisho.

