Centre d’art Waza : l’art pour réinventer les espaces industriels

Centre d’art Waza : l’art pour réinventer les espaces industriels

Le centre d’art Waza de Lubumbashi organise ce samedi 17 octobre une discussion sur ” comment réhabiliter sa ville à l’aide des espaces industriels. Au coeur de cette discussion artistique se trouve Arsène Dunia, architecte et chercheur Congolais. Cette activité est organisée en collaboration avec Goethe Institut, une université Belge. Les artistes, architectes et acteurs culturels de Lubumbashi sont invités à réfléchir collectivement à l’avenir des friches industrielles et du patrimoine urbain.

 

La ville de Lubumbashi est  marquée par son histoire industrielle. C’est une ville minière qui a vu naitre l’union minière du Katanga, l’actuelle Gécamines. En outre, les vestiges de ses usines sont encore présents au bas de la colline des térils au quartier Gécamines. “Comment l’art peut contribuer à réinventer ces espaces industriels ?” La question sera en effet au centre de la discussion de ce samedi au centre d’art Waza. L’architecte et chercheur Arsène Dunia entend ainsi interroger le devenir de ces friches et du patrimoine industriel de la capitale du Haut-Katanga.

L’enjeu est notamment de réfléchir à la manière dont ces espaces pourraient être réinvestis ,  et retrouver une place dans la vie collective.

Arsène Dunia estime que l’art peut constituer un outil de réappropriation et de revitalisation des espaces de vie. Il souligne toutefois l’importance de s’appuyer sur les pratiques locales et culturelles pour imaginer les transformations futures.

 

Des recherches en Allemagne

Comment redonner une nouvelle fonction aux espaces industriels délaissés et les réintégrer dans la vie des populations ? C’est l’une des questions soulevées par Arsène Dunia, architecte et doctorant à l’Université libre de Bruxelles. En effet, Arsène Dunia a participé à différents projets artistiques  en Allemagne en 2026. Certains l’ont inspiré.

Invité par le Goethe-Institut, à travers le centre d’art Waza de Lubumbashi, il a pris part à une immersion autour des trois événements culturels. C’est entre autre Manifesta, de la Ruhrtriennale et d’Urbane Künste Ruhr. Ces événements culturels  lui ont permis d’observer les liens entre art, architecture et transformation du territoire.

Par ailleurs, cette expérience a nourri une réflexion sur la capacité des pratiques culturelles à reconnecter les populations aux espaces qu’elles habitent, occupent et fréquentent.

 

À Bochum, une église devient un espace de rassemblement

Parmi les réalisations qui ont retenu son attention figure l’installation Fail Again Fail Better à St. Ludgerus, à Bochum en allemagne.

L’installation utilise une église comme ressource pour rassembler les personnes autour d’une activité collective, en l’occurrence le sport.

Cette expérience met en évidence une approche de la transformation des espaces. Elle invite également à réfléchir aux usages possibles de lieux existants. De plus, ces espaces ont la capacité à accueillir de nouvelles pratiques sociales et culturelles.

Privilégier la réflexion collective avant de définir un projet

À ce stade, le voyage n’a pas débouché sur un projet précis de transformation urbaine. Par contre, Arsène Dunia explique que l’expérience a surtout permis de faire émerger des interrogations et des pistes de réflexion.

L’objectif immédiat est de nourrir une réflexion collective avant de définir une intervention concrète. L’architecte appelle ainsi les artistes, les professionnels de l’architecture et les acteurs culturels à dépasser les frontières entre leurs disciplines et à multiplier les espaces de dialogue. Pour lui, ces échanges sont essentiels pour faire avancer la réflexion sur l’avenir des espaces africains.

De la ville Ruhr à Lubumbashi, la question reste donc ouverte : comment mobiliser l’art, les pratiques culturelles et les savoirs locaux pour imaginer de nouveaux usages des espaces hérités de l’histoire industrielle ? Le débat sera donc ouvert au centre d’art Waza.