Les particules fines dans l’air dépassent la norme au quartier Lido et ses environs
Les quartiers Lido, Pengapenga, Gécamines sont impactées par la pollution de l’air provenant de la décharge publique située à proximité du grand séminaire Saint-Paul de Lubumbashi. Une fumée épaisse s’élève de cette décharge 24 heures sur 24. En plus , des déchets brulent sans avoir été triés au préalable. Cette pollution de l’air inquiète les communautés. Elles craignent pour leur santé.
Le quartier Gécamines est l’un de ceux qui sont couverts quotidiennement par la fumée provenant de la décharge de Pengapenga. L’air est suffocant, explique un pensionnaire du grand séminaire Saint-Paul.” Nous ne passons pas trois semaines sans tomber malade. Au courant de l’année passée, nous avions même suspendues toutes les activités à cause de cette pollution”, dit-il. Un peu plus, Gertrude, jeune femme d’une trentaine d’années habite le quartier Pengapenga. Elle affirme la vie devient intenable dans son quartier. En effet, lorsque la fumée couvre son quartier, elle doit rester enfermée dans sa maison pou mettre à l’abri ses enfants.
Une concentration de Pm2 inquiétante
Les habitants des quartiers touchés par cette pollution ont plusieurs fois dénoncé la pollution de l’air dans leur milieu. Selon eux, leurs plaintes n’ont pas encore trouvé d’écho auprès de l’autorité urbaine. Ainsi, certains parmi eux ont fait de prélèvement de l’air pendant une semaine. Et les résultats des analyses sont inquiétants disent-ils. Au courant de la semaine du 08 au 14 octobre, 300 mesures de l’air ont été prises au quartier Lido. La moyenne de concentration des particules fines suspendues dans l’air était de 113,2 µg/m³. Ce qui est de loin supérieur aux normes de l’OMS qui sont de 15 µg/m³ sur 24 heures.
Par ailleurs, le pic a été observé le 14 Octobre avec 307.96 µg/m³ selon les résultats de ces analyses. L’équipe des chercheurs du quartier Lido affirment également que d’autres mesures ont été prises à Malela, centre-ville, quartier industriel. Elle soutient que les résultats sont pratiquement identiques . Cela dépend de l’orientation du vent, dit-elle.
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Impact des particules fines PM2,5 sur la santé
Les particules fines PM2,5 suspendues dans l’air représentent la plus grande menace pour la santé. A cause de leur petite taille , le PM2.5 peut rester en suspension dans l’air pendant des jours ou des semaines. En outre, elle peut être absorbée profondément dans la circulation sanguine lors de l’inhalation.
Or dans le quartier Gecamines, Lido ou encore Pengapenga, non loin de la décharge publique, la quantité de PM2.5 retrouvée dans l’air est d’environ de 100 fois supérieur à la norme.
Vous respirez entre 100 et 300 µg/m³ de PM2.5, les risques sanitaires se situent à deux niveaux, alertent ces chercheurs. “À court terme : vous avez l’irritation nasale, la toux, l’essoufflement, les crises d’asthme. Il y a également le déclenchement de troubles cardiaques chez les personnes vulnérables.”
Les conséquences sanitaires se manifestent par ailleurs à long terme. Elles se traduisent par des maladies cardiovasculaires, la diminution de la fonction pulmonaire, les maladies respiratoires chroniques. Au pire des cas, les personnes exposées peuvent également développer le cancer du poumon.
Au grand séminaire Saint-Paul, le recteur craint le pire pour les 150 séminaristes qui y sont internés. “ Il faut peut etre que des médecins évaluent notre état de santé pour savoir à quel degré sommes affectés, a decalré l’abbé Jean De Dieu Kimbalambalua.
Action urgente
Face au danger qui guette la population, les appels à la délocalisation de la décharge de Pengapenga se multiplient. Les acteurs de la société civile du secteur de l’environnement exige une action rapide de l’autorité urbaine. De plus , les riverains indiquent qu’il y a urgence. La mairie de Lubumbashi , de son côté, soutient qu’elle a un programme de délocalisation définitive de ce dépotoir. Cependant, aucune date n’a été avancée.
Entretemps, les responsables du grand séminaire Saint-Paul ainsi que ceux de l’institut supérieur Mulolwa rappellent les précédentes promesses. ” Au mois d’avril, madame le maire s’était engagée à déplacer cette décharge dans un délai d’un mois. Près de six mois plus tard, rien n’est fait déplore le directeur général de l’institut Mulolwa, l’abbé Georges Kisimba.

