RDC : CATL visé par une plainte en Allemagne par les ONG pour ses abus dans les mines du Lualaba

RDC : CATL visé par une plainte en Allemagne par les ONG pour ses abus dans les mines du Lualaba

Six organisations de la société civile ont déposé une plainte aux côtés des travailleurs et des habitants en Allemagne le 28 septembre 2026. Aux côtés des victimes, les plaignants demandent à CATL Germany de s’expliquer comment l’entreprise examine les atteintes aux droits humains et à l’environnement. La plainte oblige aussi l’entreprise à proposer les mesures qu’elle prend pour y remédier.

C’est donc une plainte qui vise le géant chinois CATL. Cette entreprise fabrique plus de 40 % des batteries pour véhicules électriques (VE) du monde et son patron, Zeng, est la quatrième personne la plus riche de Chine. L’entreprise s’approvisionne en cobalt congolais exploité dans la province du Lualaba.

Les six organisations sont : l’ONG britannique RAID, spécialisée dans la responsabilité des entreprises, African Resources Watch (AFREWATCH) RDC et AFREWATCH International ,PremiCongo, le Centre d’aide juridico-judiciaire (CAJJ) et l’Environmental Investigation Agency US (EIA US). Ils dénoncent des atteintes présumées aux droits humains et des dommages environnementaux liés aux mines de Tenke Fungurume (TFM) et de Kisanfu (KFM), au Lualaba. Cependant ces ONG demandent à CATL Germany de prévenir les abus signalés et de contribuer à réparer les préjudices.

 Des conditions de travail dénoncées

Selon les ONG, dans un communiqué conjoint précisant que les travailleurs décrivent des journées très longues. À Kisanfu, certains disent travailler jusqu’à 14 heures par jour et parfois 26 jours d’affilée. D’autres rapportent des menaces de licenciement s’ils refusent les heures supplémentaires.

Les salaires sont aussi dénoncés. Selon la plainte, certains travailleurs gagneraient 5 à 6 dollars par jour, soit moins que le minimum légal en RDC. Par ailleurs, des employés disent être exposés aux poussières et aux produits chimiques sans protection suffisante. Ils dénoncent aussi l’accès limité aux soins, surtout pour les employés des sous-traitants. Plusieurs plaignants disent ne pas bénéficier d’une représentation syndicale effective. Certains évoquent des intimidations après avoir signalé des problèmes.

Cependant, ces ONG qui ont décidé de porter ce dossier à la justice allemande, les témoignages font craindre des violations du droit du travail et des situations de travail forcé. Il s’agit toutefois d’allégations qui doivent être examinées’’.

Selon Drusilla Bret-Robertson, “nous consultons les travailleurs dans plusieurs mines industrielles des multinationales. Malheureusement le constat reste alarmant, il y a également un manque d’équipement de protection individuelle. Sans oublier  des traitements déshumanisants. A précisé Avocat au barreau de Paris et chercheuse sur la responsabilité des entreprises au sein de l’ONG RAID.

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CATL appelée à prendre ses responsabilités

 La plainte s’appuie sur la loi allemande sur le devoir de vigilance des entreprises dans les chaînes d’approvisionnement (LkSG). Elle oblige par ailleurs les entreprises concernées à identifier les risques pour les droits humains et l’environnement, puis à agir pour les prévenir ou y remédier.

Le lien entre CATL et les mines est financier et commercial.  CATL détient indirectement près de 25 % de ce groupe et a investi avec lui dans Kisanfu. Selon les ONG, des documents de CMOC indiqueraient que du cuivre et du cobalt de ces mines peuvent approvisionner CATL.

Toutefois, les entreprises contestent certaines accusations. TFM et CMOC ont rejeté par le passé les accusations visant l’environnement et les droits des travailleurs. Dans son rapport de 2025, Kisanfu disait n’avoir relevé aucun indice significatif de travail forcé, tout en reconnaissant des risques chez des sous-traitants. De son côté, CATL avait également nié tout lien avec le travail forcé. Le groupe avait affirmé que ses évaluations de fournisseurs n’ont révélé aucun cas de ce type.

Par ailleurs, les plaignants demandent une réponse motivée de CATL Germany dans les jours à venir. Ils veulent connaître les mesures prises et celles envisagées pour répondre positivement à leurs responsabilités.