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RDC : scandale sénatorial, au lieu de l’élection sénatoriale

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Le troisième cycle de l’élection présidentielle et parlementaire de la troisième République est déjà entamé.  Son évolution allait bon train.  Après la présidentielle et l’élection des députés nationaux et provinciaux, nous en étions aux élections au second degré, celles des Sénateurs et des gouverneurs. Mais à la grande surprise de tous, après le vote des sénateurs, le président de la République,  Garant de la Nation RD Congolaise, a annoncé la suspension du processus devant déboucher à l’installation de sénateurs.  L’élection des Gouverneurs étant elle aussi renvoyée sine die.   Pour cause, ces votes seraient entachés de corruption. La clameur publique du jour du vote et de la proclamation des résultats a obligé le Chef de l’Etat à convoquer une réunion interinstitutionnelle en date du lundi 18 mars à l’ issue de laquelle  Félix-Antoine Tshisekedi a décidé de suspendre l’ installation des sénateurs nouvellement élus et  la tenue prochaine de l’ élection des gouverneurs. Selon le vice-premier ministre de l’Intérieur et porte-parole de la réunion interinstitutionnelle, Basile Olongo, la décision du chef de l’état est motivée par son souci de lutter contre la corruption

Il a instruit à cet effet le procureur général près la Cour de cassation de diligenter des enquêtes contre les corrupteurs et les corrompus dénoncés au cours de l’élection des sénateurs.

L’action a été suscitée par  la clameur  qui a été soutenue  en amont  par les propos du Procureur général,de l’ancien Premier Ministre Singa Udju et de bien d’ autres qui ont tous, chacun en ce qui le concerne, prévenu l’opinion de la corruption qui avait déjà miné l’ élection sénatoriale et celle des gouverneurs.  Par malheur et par bonheur, et c’est selon, « les apprentis sorciers » sont tombés dans leur propre  piège.  

. Le drame  où mieux encore le scandale dans cette affaire aura été la corruption savamment planifiée  par les corrupteurs  qui semblent en avoir la vocation  de sorte à faire tomber  même les députés de l’UDPS qui se sont faits dévorés. «  En politique, chaque acteur a un prix », dit-on.

C’est dommage que certains candidats à la sénatoriale dans les ex provinces de l’Equateur s’en prennent aux députés provinciaux, leurs électeurs. Ils accusent ces derniers d’escroquerie. Pour autant, ils tiennent à « récupérer de gré ou de force » l’argent qui leur a été donné. Mais à quel titre ces candidats ont-il remis cet argent si ce n’est à titre de peau de vin vu le contexte ?

Que c’ est regrettable d’ apprendre que dans la Mongala précisément à Lisala, un candidat malheureux et ses hommes de campagne ont provoqué un scandale en exigeant à  un député provincial à restituer les 12000 dollars américains lui remis en compensation de sa voix lors du scrutin sénatorial. Une situation similaire a été vécue à Gbadolite, mais l’argent a été récupéré dans une atmosphère paisible.

Il est curieux de découvrir que André-Alain Atundu-Liongo, un ancien mobutiste invétéré, et aujourd’hui, un kabiliste convaincu, porte parole du FCC,  ait dénoncé les faits de corruption à charge de quatre députés de la province de Mongala. Cette dénonciation se fait à travers une correspondance à l’intention du Procureur général près la Cour d’appel de Mongala. Pyromanie, rébellion contre sa famille politique et son autorité morale ou patriotisme démontré ?

Le Parquet Général  près la Cour d’appel de Matadi a interpellé trois députés provinciaux à la suite d’indices sérieux de corruption qui pèsent sur eux. Selon le Procureur Général  Près cette Cour, le nombre des élus provinciaux du Kongo-central cités dans cette affaire pourrait  s’accroïtre.

Dans le Nord –Ubangi et  le Sud-Ubangi, certains candidats sénateurs malheureux ont lancé leur offensive  contre les députés provinciaux « malins». Ces derniers sont accusés d’avoir perçu de l’argent en compensation de leurs voix. Don, aumône ou pot-de-vin ? Pour autant que la plupart des députés concernés ont éteint  leurs téléphones et disparu dans la nature juste après avoir voté, l’alternative du pot-de- vin est plus à considérer. Combien c’est humiliant ce type de comportement  pour les Honorables, l’institution qu’ils prétendent représenter voire pour tout le pays ?

A Mbuji-mayi, dans le Kasai-Oriental, des manifestants ont pillé les résidences de certains députés provinciaux de l’UDPS qu’ils accusent de corruption.

A Kinshasa, la capitale de la RDC, les militants de l’UDPS, le parti du président Tshisekedi sont descendus sur la rue pour exprimer leur colère. Ils ont brûlé des pneus et barricader partiellement certains artères de la ville. Serait-ce parce que leur parti l’UDPS n’a raflé aucun siège ou pour fustiger la corruption dont leurs députés sont «  tombés » victimes ?

D’ une part, du fait que les candidats députés de l’UDPS (qui incarne le changement après 37 ans de lutte), ont mordu à l’hameçon (en âme et conscience)  pour  n’avoir pas enfin  voté pour les leurs, le comportement  relève  d’ autre part de la pure méchanceté des corrupteurs qui,  à l’ évidence ne veulent pas donner à la RDC la possibilité d’ en finir avec les antivaleurs afin de construire son avenir sur des valeurs à transmettre aux générations à venir. Que c’est dommage de constater qu’au lieu du repentir et de condamner les leur  sous la sévérité de la loi, ils se contentent de relever l’ « anti constitutionnalité », non démontrable,  de la décision du président de la république qui a usé de ses prérogatives en tant que Garant de la nation RD Congolaise.

Avec  un minimum de bon sens, des sénateurs ayant affiché une telle bassesse morale ne devrait et ne devront plus bénéficier de la confiance ni des députés provinciaux ni de leurs partis et regroupements politiques ni du chef de l’Etat, car un enfant laisse découvrir ce  qu’il sera dans son âge adulte, dès sa jeunesse.

Un sénateur est sensé être une personne qui incarne bien des valeurs dont l’intégrité. Mais dès lors que les « grands électeurs » (les députés provinciaux)  font preuve d’une si grande bassesse, quoi de mieux à faire que de les soumettre au caractère tranchant de la loi. A notre avis, refaire les élections serait plus honorable pour notre pays qui se veut exemplaire en termes de démocratie.   Autrement, ça sentirait l’odeur des « accords » tacites entre politiciens, ce qui, dans l’avenir, serait un piège pour l’Etat RD Congolais.

 

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