La campagne électorale en RDC : enjeux et perspectives

La campagne électorale en RDC : enjeux et perspectives

 Malgré certaines  incertitudes, nous nous rendons de plus en plus compte que l’heure a déjà   sonné pour les candidats députés et présidentiels pour battre campagne conformément à la constitution, à la loi électorale ainsi qu’au code de bonne conduite.

Ce sont donc des vautours qui se sont lancés sur leurs proies : la population. Dans un pays où les gens ne votent pas nécessairement programme ou projet, toutes sortes de stratégies sont permises pourvu de s’attirer les faveurs de l’électorat : la séduction, la manipulation, l’achat de conscience par des dons, l’injure contre les adversaires politiques, le discours politique  généralement démagogique, etc.

Mais,  après observation de la situation sur terrain, et comparativement aux élections passées, cette campagne lancée sur fond de crise et d’incertitude commence dans la  timidité.  La plupart des candidats, membres  des partis et regroupements politiques n’ont à faire que d’afficher leurs effigies, et c’est tout pour la campagne. Le soutien qu’ils espéraient de leurs formations politiques ne vient pas, ne viendra même pas selon certaines sources dignes de confiance.

Ils n’ont pas de véritables plans de campagne et, par voie de conséquence,  aucune planification ni stratégie. C’est ce qui sera la cause de l’échec de plusieurs candidats qui croyaient en un quelconque report des élections. Et la plupart de ces candidats se retrouvent dans une frange de l’Opposition.

Ils se sont laissés distraire par le théâtre  du candidat commun qui,  à l’instar de toutes les négociations politiques en RDC, a accouché d’une souris. Pendant ce temps, le Front Commun pour le Congo(FCC)  avec son candidat désigné,   a continué à tisser sa toile en  renforçant son emprise sur tout l’appareil de l’État avec un projet de Société vieux de 2006.

 

La Ceni  et les médias publics : des institutions neutres ou des organes prêts à finaliser les stratégies du FCC ?

Pour le président de la Ceni, les candidats doivent se battre dans la loyauté. Il  a exprimé le vœu de voir que tous les candidats bénéficient des mêmes chances. Il fait référence à un accès équitable de tous les candidats aux médias publics. Ce qui semble un discours de flatterie parce que les médias publics dont la  RTNC notamment  sont quasi confisqués  par le pouvoir pour n’y faire passer que le candidat de la Majorité au pouvoir, ce  » candidat d’État »,  et les candidats de son regroupement politique, le FCC.

La Commission électorale nationale indépendante (Ceni), cette institution d’appui à la démocratie par l’organisation des élections libres, démocratiques et transparentes  a du mal à convaincre sur son indépendance. Pour  cause,  la violation flagrante de certaines dispositions dont l’article 37 de la loi  électorale qui défend l’utilisation des moyens publics à des fins privés.

Bien que  cela soit évident pour Emmanuel Sharary et tous les autres candidats  dont on attend toujours la démission, cette institution ferme l’œil. Et pourtant, l’évidence est là ; elle n’a pas besoin d’être démontrée ! Il est inquiétant de constater que le candidat cité précédemment est accompagné dans sa campagne par des personnalités encore en fonction dans les institutions publiques.  Le drame dans cette affaire  c’est encore la militarisation de la Ceni. Tous les matériels sont escortés par des militaires. Sous quel contrat, en vertu de quelle loi,  jusqu’à quand  et pour quelles visées ?

Des réalités qui surprennent la population alors qu’elles semblent satisfaire le FCC, cette coalition qui soutient «  le candidat d’État » choisit par le président sortant. Quelle serait le résultat à l’issue de ces élections ?

À notre humble avis et sans être des prophètes de malheur, nous estimons que ces élections risques de consacrer  la déliquescence de l’État qui date des vieux jours. Devant notre propre conscience,  Interrogeons-nous s’il faut parler de démocratie en RDC, d’une dictature qui n’a  plus à se dissimuler parce qu’il faut à  tout prix « conserver » le pouvoir ou de la nécrose politique du régime ?

En plus de cette lecture de la situation inquiétante sur terrain pendant cette campagne électorale,  Il y a lieu d’ajouter l’absence de consensus autour de la machine à voter. Une partie des 21 candidats en lice la rejette, considérant qu’elle n’est ni fiable ni légale. Ce qui n’est pas faux. Mais pour ne pas donner un alibi à un autre  » glissement », tous y vont, par manque de moyens de pression sur la Ceni, étant au moins  rassuré par le fait  que le candidat du FCC ne possède aucune base réelle en dehors de la foule mue par le goût du lucre que  l’on présente sur les médias avec tous les moyens d’État.

Le fichier électoral jugé « corrompu »  à cause notamment de ses 6 millions d’électeurs enregistrés sans empreinte est une autre manche du problème à régler, mais non encore régler.

Seraient-ce des  stratégies que la Ceni  se réserve pour le FCC ? Dans ce contexte, quelle fiabilité pour les résultats  des élections pour lesquels on bat campagne ?

Pour plusieurs, l’allure de la campagne électorale ne présage pas une nuit de noce ; elle nous  conduit droit  à un spectacle désolant à  l’instar des élections précédentes qui font la honte de la RD Congo.

Bien que la campagne évolue peu à peu vers la date butoir des élections, d’autres poches  d’incertitude  demeurent ; c’est entre autre  la formation des quelque 500 000 agents électoraux, maillons essentiels au bon déroulement du vote. Avec un sérieux retard, l’opération  a pourtant débuté, avons-nous appris.  La Céni prévoit leur formation au cours de la première semaine de décembre, dans 239 sites de formation répartis sur l’étendue du  pays.  Un retard dans ces formations empiétera à certainement sur le processus voire sur la date du scrutin.

Voilà  autant de paramètres  à maitriser pendant cette période de  campagne pour la garantie de la crédibilité du scrutin  et afin de diminuer tant soi peu la  contestation post électorale devenue très caractéristique en Afrique.

 

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