Lubumbashi: le site de la société civile, un patrimoine de l’Etat

Lubumbashi: le site de la société civile, un patrimoine de l’Etat

Le bâtiment sis au numéro 435 avenue Kasavubu au centre-ville de Lubumbashi servant de siège de la société civile reste jusqu’à ce jour, un patrimoine de l’Etat congolais. Il n’a jamais été désaffecté. Cette déclaration est contenue dans   l’arrêté ministériel actualisé du 01 novembre 2023. Ce document était signé par Pius Muabilu Mukala ministre  de l’Urbanisme et Habitat.

Dans ses attributions , le ministère de l’Urbanisme et habitat doit protéger et sécuriser le patrimoine de l’Etat. Ainsi, ce ministère  a, en novembre dernier, procédé à l’inventaire de tous les immeubles et maisons de l’Etat. Près de 63 immeubles et 13 maisons étaient répertoriés à Lubumbashi. Parmi ces maisons de l’Etat identifiées, on note également celle située sur l’avenue Kasavubu au n°435.

Il s’est suivi la signature de l’arrêté n° 099/CAB/MINETAT.UH/2023 du 01 novembre portant inventaire du patrimoine immobilier du domaine privé de l’Etat dans la province du Katanga. Le ministre Pius Mwabilu avait chargé le secrétaire général de l’urbanisme et habitat, ainsi que les autorités provinciales d’exécuter l’arrêté. Il s’agit du gouverneur de province et du chef de division provincial de l’urbanisme et habitat.

Ayant en leur possession cet arrêté, les acteurs de la société civile ayant subi le déguerpissement, sont, le même jour  retournés dans leurs bureaux . Ainsi,  tard dans la soirée du lundi 23 janvier, ils ont remis tout le matériel de travail en place.

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Des irrégularités dans la procédure

Ghyslain Kalwa Porte-parole du cadre de la société civile, indique qu’il a pris le temps de se  renseigner auprès des différents services de l’Etat pour savoir d’où était venu l’ordre de le déguerpir. Aucune autorité n’était au courant de cette mesure exécutée par un huissier du parquet. Depuis mardi, chacun des membres du cadre de concertation de la société civile a Lubumbashi occupe son bureau. Toutefois, certains mobiliers sont  cassés. Les activités se déroulent à pas de tortue car la prudence reste de mise. Et chaque soir, il y a des membres qui passe la nuit au siège du cadre de concertation pour surveiller. « C’est le stand-by. Nous sommes là » a t-il dit.

Pour le porte-parole du cadre de concertation, le fait d’ occuper  le bâtiment  ne constitue pas une infraction. Car, dit-il, la procédure d’exécution du déguerpissement n’était pas régulière. « Je ne pense pas qu’il y a un problème. Parce que tout le monde n’a pas reconnu avoir envoyé des gens pour nous déguerpir. En commençant par les autorités au niveau national ».

Toutefois, le porte-parole ne croise pas les bras. Il a rédigé une correspondance adressée à toutes les autorités, rappelant que la société civile occupe cette maison avec l’autorisation de l’Etat. En attendant, dit Gislain Kalwa, « on continue notre démarche ».

Signalons par ailleurs que les organisations de la société civile comme la plateforme des ONG des droits humains DOCTORS HUMAN RESCUE condamnent ce déguerpissement. Elle s’insurge contre toutes ces pratiques illégales. « Nous invitons le président de la République Démocratique du Congo nouvellement reélu à s’impliquer personnellement. Ceci, pour sauvegarder le respect des droits humains édictée par notre constitution de la RDC. Ce sera rendre une meilleure justice ».