Haut Katanga : la pollution des cours d’eau, un danger permanent

Haut Katanga : la pollution des cours d’eau, un danger permanent

Dans la province du Haut-Katanga comme dans d’autres provinces, l’état des lieux des cours d’eaux est alarmant. La quasi-totalité des rivières transformées en poubelles. Ces cours d’eau reçoivent toutes sortes de détritus, allant des déchets miniers aux ordures ménagères en passant par des déchets plastiques. En marge de la Journée internationale des rivières célébrée le 14 mars, des organisations de la société civile haussent le ton.

« Nos rivières ne doivent pas être les poubelles des déchets liquides toxiques de l’exploitation des minerais de la transition énergétique dans le Sud-Est de la RDC.» C’est l’interpellation faite par l‘Observatoire d’études et d’appui à la responsabilité sociétale et environnementale (OEARSE). En effet, cette organisation de la Société civile dénonce la pollution des rivières et des cours d’eau. A titre illustratif, son directeur Freddy Kasongo, cite quelques rivières. « C’est le cas de la rivière Luano, la rivière Lubumbashi et Kafubu autour de la ville cuprifère. A Likasi, la rivière Panda est aussi affectée. Et non loin de là, il y a le lac changalele ainsi que la rivière Kakila à Kapolowe. Et le fleuve Congo à 30 km de Kolwezi ».

Dans son communiqué de la semaine dernière, l’ong OEARSE indique que les entreprises minières sont pour la plupart responsables de cette pollution.

« Depuis la libéralisation du secteur minier, de nombreuses communautés impactées par les activités minières dans la région ont dénoncé le déversement des rejets liquides toxiques dans les rivières. Et cela a des effets néfastes sur certaines espèces aquatiques et sur les cultures maraichères. Ces rejets miniers ont aussi des conséquences graves sur la santé humaine dans les milieux où les communautés dépendent des rivières pour leurs besoins en eau » rappelle cet observatoire.

De la responsabilité des services publics

Par ailleurs, OEARSE, constate la défaillance des services publics chargés de veiller à la protection de l’environnement. Ce qui conduit généralement les entreprises minières à se dédouaner chaque fois qu’elles sont accusées de pollution des cours d’eau.  » Les sociétés minières prennent l’engagement de traiter les eaux d’exhaure avant de les déverser dans les rivières. Mais, les services publics ne font pas la police pour vérifier la qualité de ces eaux, déplore Freddy Kasongo, directeur de OEARSE.

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Un autre défi, c’est l’absence des données de base publiques sur la qualité de l’eau des rivières et des cours d’eau de la RDC. Ce qui rend difficile le travail des organisations de la société civile.

Malgré ces difficultés, Oearse demande au service de l’environnement minier d’œuvrer afin de préserver la qualité du patrimoine hydrique commun de la région du Katanga.

 

Demester Maloba