Sud-Kivu: selon OCHA l’insécurité aggrave la crise humanitaire
Selon un rapport du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies OCHA, la situation sécuritaire et humanitaire demeure alarmante dans les territoires de Kalehe et de Kabare, dans l’Est de la RDC. Les violences sexuelles, les affrontements armés et les déplacements massifs de populations continuent d’aggraver la vulnérabilité des civils.
En effet, douze cas de viols collectifs, dont six mineures âgées de 15 à 16 ans, ont été signalés dans la nuit du 25 au 26 novembre dans le village de Nyachigore, en territoire de Kalehe. Les attaques, attribuées à des présumés éléments armés, ont touché onze ménages indique le rapport. Les survivantes ont pu bénéficier d’une prise en charge médicale dans les 72 heures. La même nuit, le centre de santé de Mushenyi a été pillé. Des biens et une somme importante d’argent ont été emportés, le personnel soignant menacé et un gardien a été ligoté par les assaillants.
Ce rapport souligne par ailleurs que ces violences sexuelles s’inscrivent dans un contexte d’insécurité persistante. Cette situation est marquée par une recrudescence des affrontements armés. Elle également marquée par des violations graves contre les civils. Entre le 10 et le 23 novembre, plus de cent victimes de violations graves ont été enregistrées dans les villages de Cigera, Munanira, Muhongoza et Mushonezo. L’insécurité a paralysé les activités socio-économiques. Elle a aussi limité les déplacements des populations et entravé l’accès humanitaire sur la Route nationale numéro 3, axe stratégique reliant Bukavu à Civanga et Bunyakiri.
Déplacements massifs dans le territoire de Kabare
Par ailleurs, dans le territoire de Kabare, la situation s’est également détériorée en novembre dernier. D’après le rapport de l’OCHA, des affrontements entre groupes armés ont été signalés le 15 novembre dans la localité de Kabushwa. Ils ont fait plusieurs victimes parmi les civils. Toutefois, les blessés ont été transférés à l’hôpital FOMULAC de Katana. Ces violences ont provoqué de nouveaux déplacements de population.
Cependant, une évaluation rapide multisectorielle menée par l’ONG ACTED entre le 5 et le 10 novembre 2025, mentionnée dans le rapport de l’OCHA, confirme la présence de 4 833 nouveaux ménages déplacés. C’est dans les localités de Kahungu Cegera, Mabingu. Notamment à Chahoboka, Mwanda et Ciranga. Cette arrivée massive exerce en effet une pression démographique estimée à 42 % sur les communautés hôtes. Les besoins prioritaires concernent principalement l’assistance alimentaire. Aussi l’accès à l’eau potable, l’hygiène et l’assainissement ainsi que les produits ménagers essentiels.
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Le besoin en assistance humanitaire demeure urgent
Malgré l’assistance déjà apportée à plus de 88 970 personnes dans les territoires d’Uvira. Aussi à Kalehe et Walungu, l’OCHA prévient que les besoins humanitaires continuent de croître. Cette organisation appelle à un renforcement de la protection des civils. Ainsi qu’à un accès humanitaire sécurisé et durable.

