Lualaba: le décompte final au cœur des échauffourées à l’entreprise Prospère Majengo
La fin du contrat et le décompte final sont au centre des échauffourées entre les employés congolais et les Chinois de l’entreprise prospère Majengo. Des coups de feu et des affrontements entre employés de Prosper Majengo et les policiers ont eu lieu au sein de l’entreprise CMOC. Ce mardi 21 janvier 2026, des blessés ont été enregistrés.
Prospère Majengo est une sous-traitance chinoise engagée par le groupe chinois CMOC. Cette entreprise exploite le cuivre et le cobalt à Kisanfu près de la ville de Kolwezi dans la province du Lualaba. Le mois de janvier marque donc la fin du contrat entre CMOC et Prospère Majengo. Cette collaboration a duré plus de cinq ans.
Cependant, l’entreprise de sous-traitance Prospère Majengo se trouve dans l’obligation de remercier ses travailleurs. Par conséquent, elle doit leur verser le décompte final.
Les décomptes dérisoires de Prospère majengo
La revendication des employés de Prospère Majengo s’articule sur le calcul de décompte final à percevoir selon les catégories. Les mieux payés de l’entreprise sont les chauffeurs qui touchent 13,5 dollars par jour. Les autres travailleurs ne percevaient que 6 dollars seulement par jour.
Par exemple, les opérateurs ou conducteurs d’engins lourds se faisaient pointer journalièrement 13.5. Ayant totalisé quatre ans au sein de l’entreprise, reçoivent deux mille dollars américains de décompte final. D’autres employés de cette catégorie qui ont trois ans d’ancienneté reçoivent mille cinq cents dollars. C’est ainsi que les travailleurs se demandent combien recevra celui qui ne gagnait que 6 dollars journalièrement.
Sous l’obligation de l’anonymat, un employé nous précise les manœuvres de cette opération de remise du décompte final. “On t’appelle, on te conduit dans une pièce où on te remet une enveloppe. En même temps, on te fait signer rapidement un document”. Il est difficile pour certains de lire et de comprendre le document qui fait l’objet du paiement de son décompte final.
En outre, dit-il “on te conduit dans une pièce où on t’arrache le badge. Une fois de l’autre côté de la porte, les agents de sécurité mobilisés te conduisent directement à l’extérieur de l’enclos de l’entreprise”. Selon notre source et comme d’autres d’ailleurs, tout est mis en scène pour les empêcher de communiquer entre collègues.
Des revendications
Pour contester cette procédure, les travailleurs ont semé des troubles dans la cité de Kisanfu. La police en provenance de Kolwezi est intervenue. Des coups de feu et des grenades à gaz lacrymogènes ont été utilisés pour disperser les manifestants. Quelques travailleurs ont été légèrement blessés.
Le matin de ce mercredi 21 janvier, les inspecteurs du travail sont revenus au sein de l’entreprise. Mais rien ne rassure les travailleurs de Prospère Majengo que leurs revendications seront entendues. La police est sur place et l’opération de paiement du décompte final va se poursuivre. Pendant ce temps, les travailleurs sont en ligne avec leurs bagages avant de dégager définitivement des installations de l’entreprise.
Par ailleurs, les sous-traitants ou entreprises chinoises sont connues pour les mauvaises pratiques salariales. Plusieurs entreprises chinoises maltraitent et harcèlent avec constance les travailleurs congolais. C’est sans oublier des salaires dérisoires, des travaux forcés comme travaux nocturnes et tardifs ainsi que les heures supplémentaires non cautionnées. Ces réalités sont souvent signalées par plusieurs travailleurs des entreprises minières chinoises œuvrant dans les provinces du Lualaba et du haut Katanga.

