RDC: plus de 218 000 ménages déplacés interne en Janvier 2026
En janvier 2026, l’est de la République démocratique du Congo a enregistré plus de 218 000 ménages déplacés, victimes de conflits armés et de catastrophes naturelles. Si certaines provinces connaissent un recul des déplacements, d’autres voient une hausse significative. Celle-ci illustre la fragilité sécuritaire persistante et la vulnérabilité des populations. Les retours, bien qu’encourageants, restent précaires et exposent les ménages à de nombreux risques.
Selon le dernier rapport de l’équipe d’analyse des crises en RDC, 218 933 ménages ont été déplacés en janvier 2026 dans l’est de la RDC. Cette situation marque une baisse de 4 % par rapport au mois précédent. La situation reste toutefois préoccupante, en particulier dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où l’intensification des affrontements armés continue d’alimenter des mouvements massifs de population.
En effet, le Nord-Kivu demeure la province la plus affectée avec 91 023 ménages déplacés, suivi du Sud-Kivu avec 87 247 ménages. Le Maniema a 21 079 ménages déplacés et l’Ituri compte 12 834 ménages. La province du Tanganyika a à son tour recensé 6 750 ménages. Si certaines provinces comme le Tanganyika ont enregistré une baisse du taux des déplacés, d’autres provinces, par contre, ont noté une hausse significative. C’est le cas du Maniema où le nombre des déplacés est passé de 3 000 en décembre 2025 à plus de 21 000 en janvier 2026.
Ces mouvements sont principalement liés aux affrontements impliquant le M23, les FARDC, les groupes armés locaux. Dans certaines zones, les catastrophes naturelles comme les glissements de terrain et les inondations en sont les causes.
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Des retours fragiles
Parallèlement aux déplacements, 25 124 ménages, soit 11 % des populations déplacées, ont pu retourner dans leurs zones d’origine. Les territoires de Fizi, Mahagi, Uvira, Walungu, Djugu et Rutshuru ont été les principaux bénéficiaires de ces retours. Ces mouvements de retour ont été facilités par une amélioration relative de la sécurité, indique OCHA. La proximité des zones de provenance, et des dynamiques communautaires et familiales ont aussi contribué à ces mouvements. Toutefois, la plupart des retournés restent exposés à des risques élevés. C’est notamment les violences basées sur le genre, le recrutement forcé, l’expropriation des terres et la présence d’engins explosifs, s’inquiètent les humanitaires.
Dans l’Ituri, les violences qui impliquent les milices CRP/Zaïre et les ADF ont continué d’alimenter des retours fragiles. Dans le territoire de Mahagi, sur 11 016 ménages retournés, plus de 7 000 se sont de nouveau déplacés. Ce récent mouvement est lié aux affrontements entre les FARDC et les miliciens locaux.
À Uvira, 3 700 ménages sont retournés, tandis que dans le territoire de Fizi, les retours dépassent les nouveaux déplacements. .
La persistance des déplacements et des retours précaires souligne la nécessité d’une intervention humanitaire urgente et coordonnée, selon OCHA. Aussi, cette situation requiert une stabilisation durable de la sécurité dans les zones affectées.

