Des Congolais dans la guerre en Ukraine : un recrutement discret et ses morts

Des Congolais dans la guerre en Ukraine : un recrutement discret et ses morts

Ces jeunes sont partis pour étudier, travailler ou simplement chercher une vie meilleure. Mais, certains n’en sont jamais revenus. Selon des données issues d’un rapport publié en février 2026 par l’organisation d’investigation INPACT, jusqu’à 15 Congolais auraient été recrutés dans les rangs de l’armée russe depuis 2023. Parmi eux, au moins quatre sont morts sur le front en Ukraine.

Ce rapport répertorie les noms et indique s’ils sont vivants ou tués. Dans le rapport on peut trouver des noms comme Kabal Francois Mbombo et Nzau Stephane Bashi qui ont perdu la vie au front en Ukraine.  Ces chiffres bien que minimes, révèlent une réalité peu documentée . Celle de la présence de ressortissants de la République démocratique du Congo dans un conflit situé à des milliers de kilomètres de leur pays.

Des départs qui commencent à Kinshasa

Derrière ces départs individuelles, un nom revient dans le rapport . Il s’agit de Jean Gustave Mukadi Musasa, basé à Kinshasa. Selon le données trouvé sur Linkdin. Il est directeur d’une agence dénommé Hope Travel SARL. Cette agence de voyage est  présentée comme facilitant les déplacements de Congolais vers la Russie. Et disposerait d’une adresse à Kolwezi sur l’avenue Ikuku et qui reste introuvable.

Selon l’enquête de Inpact ,officiellement, ces voyages concernent des études ou des opportunités professionnelles. Cependant ,  le rapport indique  que certains jeunes partis via ces circuits se retrouvent ensuite dans des structures militaires liées à la Russie, notamment dans la région de Louhansk, en Ukraine.

Lors d’une interview sur  les Observateurs  ,Mukadi Musasa reconnaît avoir organisé le voyage de certains Congolais qui retrouvent au front en Ukraine. « C’est moi qui les ai fait voyager. Ils sont allés il y a deux ans et demi en Russie pour étudier, mais ils ont choisi d’intégrer une école militaire, donc ils se sont retrouvés là-bas », avait-il expliqué à ce media.

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Des promesses qui attirent

Comme dans d’autres pays africains, les recruteurs ciblent des jeunes en quête d’opportunités. Les offres mises en avant sont attractives :salaires mensuels dépassant 2 000 dollars, primes à la signature et possibilité d’obtenir la nationalité russe en quelques mois

Sur les réseaux sociaux ces recruteurs présentent la Russie comme une destination idéale. Sur  Facebook  c’est groupes et ces pages ventant la Russie sont nombreux.  C’est comme ce groupe  dénommé Essayez la Russie,  ou encore celui-ci Immigrer et étudier en Russie. Et parfois ces pages ne cachent même pas leurs véritables mobile comme celui-ci dont le nom est recrutement armée Russe

Une réalité plus brutale sur le terrain

Mais une fois en Russie, la situation change souvent. Le rapport d’INPACT décrit des recrues étrangères envoyées rapidement au front, parfois après une formation limitée et après avoir signé des contrats qu’elles ne comprennent pas toujours.

Les pertes sont importantes. À l’échelle du continent, l’enquête évoque des centaines de morts parmi les combattants africains.

Pour les Congolais, les données disponibles font état d’au moins quatre décès confirmés. Un chiffre qui pourrait être sous-estimé, en raison du manque de transparence et de la difficulté à suivre ces trajectoires.

La présence de Congolais dans les rangs de l’armée russe illustre une nouvelle dimension du conflit en Ukraine ,son extension au-delà de l’Europe.