Etas_Unis: Kinshasa accueille un premier groupe de 45 migrants
La RDC a accueilli ce vendredi matin une quarantaine de demandeurs d’asile expulsés des États-Unis. Ils sont arrivés par l’aéroport de Ndjili à Kinshasa. Le pays offre l’espace d’accueil à ces migrants dans le cadre de l’accord de déportation des migrants signé récemment entre la RDC et les États-Unis. Pour l’IRDH, cet accord viole les obligations internationales de protection.
C’est un premier groupe de 45 migrants qui a atterri à Kinshasa ce vendredi, indique l’Institut de recherche en droits humains (IRDH) .Dans son communiqué de presse, l’IRDH affirme que ces migrants sont majoritairement originaires d’Amérique latine. Ils ont été transportés par la compagnie Omni Air International en provenance de Louisiane (États-Unis). A leur arrivée, ils ont été acheminés dans un hôtel non loin de l’aéroport et placé sous la surveillance de la police nationale congolaise.
L’arrivée des migrants inquiète
Ce transfert des migrants en RDC avait déjà suscité beaucoup d’inquiétude que ce soit au sein de la classe politique que de la société civile. Alors que l’accord est mis en œuvre, l’IRDH élève sa voix. Il dénonce notamment le caractère forcé de ce transfert. » Cet acte constitue une externalisation des obligations internationales de protection. De plus, il est incompatible avec le principe de non-refoulement et l’interdiction des transferts forcés.
Pour cette structure de recherche en droits humains, l’administration américaine se decharge de ses responsabilités. En outre, elle engage une pratique illégale et dangereuse pour les personnes vulnérables. Aussi, cette déportation va à l’encontre de tous les instruments internationaux. C’est notamment le droit international humanitaire (DIH), le droit des réfugiés et la Charte africaine des droits de l’homme et des Peuples (CADHP).
L’IRDH souligne par ailleurs que la RDC ne peut pas faire prévaloir le respect des droits et de la dignité humaine dans ce processus. Par contre, indique encore cette structure, le pays s’écarte des standards de la Charte Africaine . Il participe ainsi à un mécanisme de transfert forcé qui fragilise la protection universelle des demandeurs d’asile. L’article 12(5) de la Charte africaine interdit formellement les expulsions collectives, rappelle cette structure.
Un accord mais pas humanitaire
Pour cette institution, l’accord signé entre les États-Unis et la RDC sur le transfert n’est pas un acte de coopération humanitaire. Il rentre plutôt dans la série de contrats politiques permettant aux États-Unis d’exploiter intensivement des minerais stratégiques, indique l’IRDH. Il déplore que la gestion migratoire soit monnayée.
IRDH estime qu’en acceptant de se charger des dossiers difficiles de migration des États-Unis, la RDC pourrait être accusée de complicité de traitements inhumains et dégradants.
En effet, en les plaçant dans un hôtel sous surveillance policière, les migrants vivraient dans une forme de détention financée par l’étranger. Ceci est une violation de la souveraineté fonctionnelle de la RDC et une détention arbitraire par procuration pour les États-Unis.
Recommndations
De ce fait, l’IRDH recommande au Gouvernement de la RDC de suspendre immédiatement l’application de cet Accord. Ensuite , il sollicite la publication de l’intégralité du mémorandum d’entente conclu avec les États-Unis. Cela permettra, selon lui, un examen de constitutionnalité et de conformité aux traités internationaux.
Par ailleurs, il demande au Gouvernement américain de mettre fin à sa politique d’externalisation de l’asile vers des États tiers fragiles comme la RDC.
Enfin, l’IRDH appelle le haut commissariat des nations unies pour les réfugiés HCR de sortir de sa réserve. Cette agence devrait exiger un accès immédiat aux demandeurs d’asile transférés de force à Kinshasa.
Pour rappel, le député Christian Mwando a récemment demandé des explications au ministre des affaires étrangères su cet accord. L’élu du Tanganyika a ainsi déposé à l’assemblée nationale une question orale.

