Lubumbashi: décès de Muyaya Amos au BCRS, la famille réclame justice

Lubumbashi: décès de Muyaya Amos au BCRS, la famille réclame justice

À Lubumbashi, la mort de Muyaya Mukendi Amos, un homme de 62 ans et père de 11 enfants, suscite indignation et interrogations. Coiffeur de profession, il avait été arrêté le 7 avril 2026 avant de décéder le lendemain, le 8 avril, dans des circonstances que sa famille juge inexplicables.

En effet, Muyaya Mukendi Amos aurait été arrêté au rond point Kilobelobe par la police alors qu’il revenait de son travail. Selon le témoignage de son frère Kabeya Mukendi Théo, la victime l’avait appelé au téléphone pour l’informer de son arrestation. Il lui a aussi raconté que ceux qui avaient l’argent sur place ont été libéré.  » Il m’avait appelé dans la soirée du 7 avril pour me dire qu’on l’avait arrêté. Et il s’est trouvé à la BCRS en ville. C’est avec le numéro du magistrat François qu’il m’avait contacté  » dit il.

Ce dernier a aussitôt alerté la famille, notamment son épouse et celle du défunt. Le lendemain, les deux dames se sont rendues au BCRS pour tenter de comprendre la situation, mais sur place, il leur a été indiqué que le détenu aurait été transféré à la prison de Kasapa.

Cependant, la famille affirme avoir  reçu des informations contradictoires. De personnes présentes sur les lieux évoquaient plutôt une orientation vers la morgue de l’hôpital Sendwe. Selon ces témoins, un détenu a été tabassé au cachot et il serait décédé.

C’est finalement à la morgue de l’hôpital Sendwe que le corps a été localisé. La famille dit y avoir constaté des blessures visibles au visage, notamment un œil endommagé. Ils ont aussi vu des traces de coups. Ceci renforce ses doutes sur les circonstances du décès.

Ouverture du procès

Une procédure judiciaire est en cours. Une audience foraine contre un autre détenu du même cachot que le défunt a eu lieu vendredi dernier. Il est accusé d’avoir administré des coups mortels à Muyaya Amos   » Selon le magistrat c’est un mineur qui est en détention depuis plus deux mois qui l’avait tabassé. Nous n’y croyons pas. Nous savons tous qu’un mineur ne peut pas être gardé dans ce cachot du parquet »  déclare Kabeya Theo.

Dans ce contexte, la famille a saisi la Commission nationale des droits de l’homme CNDH. Elle sollicite une intervention pour faire toute la lumière sur ce décès. L’institution s’est saisie du dossier. Elle  exprime sa préoccupation face à ce qu’elle considère comme un cas grave nécessitant une enquête approfondie.  » Nous allons accompagner cette famille dans sa démarche afin que la justice soit faite » indique Joseph Kongolo, coordonnateur provincial CNDH

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La CNDH appelle à la transparence dans la procédure

La CNDH appelle les autorités judiciaires à poursuivre les investigations pour rétablir les responsabilités. Elle insiste également sur la nécessité de garantir la transparence de la procédure et le respect des droits des victimes et de leurs familles. » Nous exigeons que toute personne impliquée de près ou de loin dans cette affaire soit arrêtée. Aussi, nous demandons l’ouverture d’une action judiciaire contre le magistrat au cas où l’arrestation et la détention seraient arbitraires » déclare Joseph Kongolo.

Par ailleurs, la famille dit rester sous pression face aux délais annoncés pour l’inhumation du corps. La mairie de Lubumbashi, a accordé un délai de 10 jours aux familles pour inhumer les corps gardés à la morgue de Sendwe . A ce sujet, la CNDH appelle au transfert  du corps  de feu Muyaya vers une autre morgue. Une procédure qui serait appliquée en attendant la suite du dossier.

Que dit la loi en cas décès dans un cachot ?

Selon l’article 258 du Code civil livre III, l’État a l’obligation de garantir la prise en charge des détenus. C’est notamment en matière de sécurité, d’alimentation et de soins médicaux.

En cas de décès suspect, une autopsie est ordonnée par le ministère public. Elle permettra ainsi de déterminer les causes exactes de la mort. La loi donne enfin droit aux  proches du défunt de se constituer  partie civile pour obtenir réparation.