FISCO 2026: Lubumbashi, Ville des Maux et des Mots
Du 21 au 25 avril, la ville de Lubumbashi vibre au rythme du festival international du slam-poésie, FISCO. Cette 4ᵉ édition est célébrée sous le thème : Lubumbashi, Ville des Maux et des Mots. Des artistes congolais ainsi que des invités de Brazzaville et de N’Djamena au Tchad y prennent part.
Les deux premiers spectacles du FISCO de ce mardi ont eu lieu en plein air. D’abord sur le parvis de l’institut français sur la chaussée Laurent Désiré Kabila. Ensuite, un autre spectacle populaire a eu lieu au square Forrest. Des jeunes déclament leurs poèmes devant un public composé des passants. Leurs textes contiennent des mots forts pour dénoncer les Maux qui rongent la société non seulement congolaise mais aussi l’humanité toute entière.
» Je viens pour parler du Congo. Ils ont voté pour vous à combien de reprises, pourtant il n’y a jamais eu de remise et reprise. Ne me dites pas que vous irez travailler pour le peuple, car pour vous le peuple, ce sont vos familles, alors que ceux qui ont voté pour vous meurent de famine… déclare un jeune slameur de Lubumbashi. Il est suivi d’un autre dont voici un extrait de son poème dit : « À quoi sert l’art si la bouche reste close, si la rime n’éclate pas, si la vérité explose ? Alors je crie…
Pourquoi la Ville des Maux et des Mots
Cette 4e édition du FISCO a pour thème : La ville des Maux et des Mots. En effet, les jeunes utilisent le slam comme un moyen pour élever la voix. Quoique ce festival ait un but écologique, il est néanmoins une occasion de dénoncer les maux qui rongent la société non seulement de Lubumbashi, mais aussi celle de partout dans le monde. Ainsi, le terme »ville » ne cible pas Lubumbashi, il symbolise plutôt toutes les villes de la terre car elles sont confrontées aux mêmes Maux. C’est notamment la mauvaise gouvernance, la pauvreté, les restrictions des libertés, indique Jonathan Ntumba, initiateur du FISCO. » Aujourd’hui, nous avons des invités qui viennent d’ailleurs et qui vont parler aussi des problèmes que connaissent leurs villes’‘, dit-il.
Ce festival aborde aussi des questions liées à l’écologie et à la protection de l’environnement. Dans ce domaine, il y a également plusieurs problèmes, déplore Jonathana Ntumba. ‘‘Nous avons des inondations, notamment liées aux déchets plastiques. Nous décourageons ainsi l’utilisation du plastique. »
Le slam, espace d’expression
Par ailleurs, le slam attire de plus en plus de jeunes. Pour plusieurs d’entre eux, cet art oratoire leur permet de s’exprimer et d’extérioriser les émotions. » Avec le slam, les jeunes ont l’occasion de dire ouvertement ce qu’ils traversent au quotidien. Que ce soit l’injustice, le chômage, l’amour, la pauvreté, la misère… Voilà pourquoi le Slam gagne en popularité », explique Cherif Mwaku, jeune slameur venu de la province du Maniema.
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Pour Jorath Ibenge, déléguée de la fédération du slam du Congo-Brazzaville au FISCO, le slam permet de libérer la parole. »En Afrique, certaines questions sont taboues, mais grâce à l’art, nous les abordons », dit-elle. De son côté, Thomas Douhé, directeur de l’Institut français de Lubumbashi, soutient que le slam à Lubumbashi a permis aux jeunes d’améliorer la langue française tant dans l’écrit que dans le parlé.
Pendant ce temps, le festival international du slam-poésie du Congo se poursuit à Lubumbashi. Au programme, il est prévu des ateliers d’écriture, des concerts et un concours de slameurs en herbe.

