Pweto: un enseignant et un motard abattus pour 2500 CDF

Pweto: un enseignant et un motard abattus pour 2500 CDF

La situation est redevenue calme ce vendredi 8 mai 2026 dans le groupement Bukongolo, territoire de Pweto dans la province du Haut-Katanga. Ce jeudi 7 mai, la tension était vive. À la base de cette situation, la mort de l’enseignant Kapunikwa Georges, tué par un militaire à la barrière installée à environ 35 kilomètres de Pweto centre.

Le drame s’est produit précisément au poste dit d’observation de Kabulembe, sur l’axe Pweto-Lukonzolwa dans le groupe Bukongolo. Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, des militaires ont érigé une barrière où chaque passant doit payer 2 500 CDF.

Ce jeudi matin, l’enseignant Kapunikwa Georges quittait le village Lukonzolwa pour se rendre à Pweto centre pour retirer son salaire du mois d’avril. Il était à bord d’une moto conduite par un jeune du nom de Given.

Arrivés à la barrière installée à Kabulembe, les militaires sont sortis de leur hutte. Ils ont exigé 2500 fc aux deux passagers. D’après les informations recueillies auprès des sources sur place, l’enseignant aurait expliqué aux militaires qu’il n’avait pas d’argent sur lui, et qu’il paierait à son retour.

Cependant, les militaires ne l’ont pas compris. Ainsi, la discussion a dégénéré et un des militaires en poste à cette barrière a ouvert le feu. Les balles ont atteint l’enseignant qui est mort sur place. Le motard a été également touché par balle. Grièvement blessé, il était vite acheminé au centre de santé de référence de Lwanza pour des soins intensifs. Cependant, il a succombé à ses blessures quelques heures plus tard.

Appel à une justice

Après le drame, une vive émotion a gagné les habitants de Bukongolo et des villages voisins.

Par ailleurs, le militaire Mpunga Imidiwe a été maîtrisé par ses collègues. Il a ensuite été acheminé à Pweto centre pour répondre de ses actes.
La société civile Nouvelle Espoir de Pweto condamne fermement cet acte. Elle dénonce également les actes à répétition posés par certains militaires contre la population civile.
« Nous demandons que les enquêtes soient menées et que justice soit faite dans les meilleurs délais », a déclaré la société civile Nouvelle Espoir.

De son côté, le coordonnateur de cette structure citoyenne, Alain Kishala, appelle les autorités politico-administratives et judiciaires à prendre des mesures contre l’auteur de cet acte. En outre, il demande à la population de garder son calme pendant la procédure judiciaire.

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Il faut retenir que Kapunikwa Georges enseignait à l’école Kapoposhi de Lukonzolwa, une école conventionnée catholique dédiée uniquement aux garçons. Marié et père de six enfants, il était très connu dans cette partie du territoire pour son engagement dans l’éducation des jeunes.

Le motard Given était lui aussi marié et père de trois enfants. Âgé d’une vingtaine d’années, il travaillait comme conducteur de moto-taxi sur l’axe Lukonzolwa-Pweto.

Ce double meurtre relance le débat sur les barrières illégales et les tracasseries militaires et policières érigées en province. Sur la route Lubumbashi -Sakania par exemple, ces barrières ont été démantelées par le ministre provincial de l’Intérieur,