Lubumbashi : y a t-il corruption aux barrières érigées par la DRHKAT ?
À plusieurs barrières de contrôle érigées par la DRHKAT, des chauffeurs de taxi et de taxi-bus affirment traverser les postes sans présenter les documents exigés. Entre les paiements informels, les contrôles inégaux, leurs témoignages alimentent les inquiétudes de la société civile, qui dénonce de possibles pratiques de corruption.
Par exemple, à la barrière érigée à l’arrêt texaco vers la Ruashi, les véhicules avancent l’un après l’autre. Certains chauffeurs s’arrêtent, et les agents contrôlent les documents collés à la parabrise, et attendent la fin du contrôle. D’autres, en revanche, ralentissent à peine avant de poursuivre leur route, sans être inquiétés.
« Vous n’allez pas comprendre ce qui se passe. Il y a même un petit signe sur le véhicule que seuls eux et moi voyons. Dès qu’ils voient ce signe, je passe. Pourtant, je n’ai même pas les documents. Et ce moyennant une somme d’argent. Et avec ça je ne peux que passer ici pas à une autre barrière » indique Patrick un chauffeur. De plus, il affirme que cette manière de faire est connue de plusieurs chauffeurs.
À une autre barrière vers la Katuba, Pascal, un conducteur de taxi-bus raconte une réalité différente. Selon lui, pendant cette période de recouvrement forcé, il verse de l’argent aux agents pour éviter de perdre du temps. « Pour une journée, je laisse entre 15.000 FC et 20.000 FC à la barrière afin de ne pas chômer. Nous payons selon notre ligne de transport.”
Quelques fois, les chauffeurs s’organisent en groupe, affirme Pascal. ” Parfois nous nous organisons en équipe et nous connaissons certains contrôleurs car il y a ceux qui nous croisent déjà dans nos arrêts de bus respectifs. » explique- t il.
Un contrôle inégal ?
Non loin de là, Kapya, un autre conducteur observe la scène depuis son volant. Selon lui, il est facile de remarquer que tous les véhicules ne sont pas traités de la même manière.
« Regardez vous-même. Certains passent directement, d’autres restent longtemps. Nous, on sait déjà comment ça fonctionne. Si tu veux travailler tranquillement, il faut trouver un arrangement. » dit-il.
La Société Civile a alerté sur cette pratique
Ces témoignages font écho à une alerte lancée par le Cadre de Concertation de la Société Civile, thématique Gouvernance Sécuritaire et Paix.
Dans son communiqué, elle indique que certains chauffeurs de taxi et de taxi-bus verseraient entre 15.000 et 20.000 francs congolais à des personnes présentes aux barrières de la Direction des Recettes du Haut-Katanga (DRHKAT) et de la Direction Provinciale des Impôts du Haut-Katanga (DPRI-HKAT). L’objectif est d’ échapper est de continuer à rouler sans payer la vignette automobile.
Pour la société civile, si ces faits sont confirmés, ils risquent de réduire les recettes attendues par la province pour financer les routes et d’autres services publics. L’organisation demande aux responsables des deux régies financières d’ouvrir des enquêtes et de sanctionner tout agent qui serait impliqué dans de tels actes. Elle appelle également les chauffeurs à s’acquitter normalement de la vignette automobile et d’autres documents de bord.
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La DRHKAT rejette ces accusations
Cependant, sous anonymat un agent indique que la hiérarchie a sensibilisé l’ensemble de ses agents sur les risques liés à la corruption. Et il rappelle que des mesures sont prévues contre tout agent qui se rendrait coupable de telles pratiques. « Qui souhaiterait perdre son travail sachant que les sanctions sont prévues et en plus à l’aire de réseaux sociaux où tout est filmé. Si tel était le cas il n’y aurait pas carence de taxi pendant cette période car 15 000fc ce n’est pas grand chose pour les chauffeurs, ils paieraient tous alors » dit- il .
De plus, cet agent souligne que, lors du lancement de la vente de la vignette automobile 2026, le gouverneur de province ad intérim avait mis en garde les agents ainsi que les usagers contre toute forme de fraude ou de corruption. Il avait prévenu que toute personne impliquée dans de telles pratiques s’exposerait à des sanctions conformément à la loi.
Pour rappel c’est depuis le lundi 06 juillet que la DRHKAT a lancé le contrôle des documents de bord des véhicules. C’est notamment la vignette, le contrôle technique et le stationnement. Cette opération ira jusqu’à la fin du mois de juillet.

