Economie en RDC: sondage Ebuteli, les congolais dressent un constat sévère

Economie en RDC: sondage Ebuteli, les congolais dressent un constat sévère

Plus d’un Congolais sur deux estime que la situation économique du pays est mauvaise. C’est l’un des principaux résultats du dernier sondage réalisé par l’Institut de recherche Ebuteli en avril 2024 et publié en avril 2026. Ce sondage d’opinion permet d’avoir une idée sur l’appréciation des Congolais sur les conditions de vie socio-économique. 

Selon cette enquête d’opinion, 52 % des personnes interrogées par le groupe d’étude Ebuteli jugent la situation économique actuelle « mauvaise » ou « très mauvaise ». À l’inverse, seulement 14 % la qualifient de « bonne » ou « très bonne ». Cette appréciation renvoie aux conditions de vie des ménages, notamment au pouvoir d’achat, à l’emploi et à la pauvreté.

Pour Jean Bosco Kaomba, économiste et chef de travaux à l’université de Lubumbashi, ce résultat traduit bien le malaise économique. Car, dit-il, la société congolaise fait face à plusieurs problèmes. C’est notamment la faiblesse des infrastructures de base. Il évoque l’impraticabilité des routes de dessertes agricoles, des voies ferrées, et des ponts fluviaux et maritimes. Pour ce chercheur, l’accès à l’eau, à l’électricité, aux soins de santé  resetnt limité.

De son côté, l’économiste Éric Lubangu affirme  que le premier indicateur visible est le panier de la ménagère. Le taux de change a certes baissé, mais cette baisse reste artificielle, car elle ne se répercute pas sur les prix. Les prix  biens de consommation continuent d’augmenter, souligne-t-il. Cet autre chercheur reconnaît néanmoins un point positif.
« Le budget de l’État est en augmentation. Mais cette hausse profite davantage au fonctionnement des institutions qu’au secteur social », précise Éric Lubangu.

Il attire également l’attention sur les promesses du Chef de l’État sur la création des 6,4 millions d’emplois, et dont jusque-là aucun bilan officiel sur le nombre d’emplois crée par le gouvernement n’a été donné. En revanche, un chiffre partiel apparaît dans les données de l’ARSP au début du mois de juin 2026. Environ 31 857 emplois ont été recensés dans le secteur de la sous-traitance, dont plus de 25 000 occupés par des Congolais.

Éric Lubangu estime que leur impact reste difficile à mesurer.
« Les chiffres publiés parlent de créations d’emplois. Mais sur le terrain, il est difficile d’identifier concrètement ces emplois. »

Chômage et pauvreté , les deux économistes estiment que la réalité est encore plus préoccupante.

Au-delà de l’appréciation générale de la situation économique, le sondage révèle un profond pessimisme sur l’évolution du chômage et de la pauvreté.

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Selon Ebuteli, 70 % des personnes interrogées estiment que le chômage a augmenté, tandis que 71 % considèrent que la pauvreté s’est aggravée en RDC.

Pour Jean Bosco Kaomba, le chômage progresse effectivement. ” L’augmentation du taux de chômage se traduit par un déséquilibre entre l’offre de travail et la capacité du gouvernement à créer des emplois productifs. Il estime que  cela résulte notamment de la faible diversification de l’économie et d’une croissance insuffisamment inclusive.

Selon  l’Organisation internationale du Travail (OIT), en 2025, le taux de chômage en RDC était estimé à 4,4 % .

Éric Lubangu partage également l’idée que la pauvreté s’est accentuée. “ Prenons l’exemple des professeurs d’université. Leur salaire représentait auparavant environ 2 500 dollars en valeur. Aujourd’hui, il ne dépasse plus 1 200 à 1 500 dollars. Leur pouvoir d’achat a fortement diminué.”

L’économiste Éric relève également un contraste entre la situation des ménages et les revendications salariales de certains responsables publics.
« Le pouvoir d’achat des fonctionnaires de l’État baisse alors que les députés réclament une augmentation de leurs émoluments. Cela confirme que la pauvreté est en forte augmentation », déclare-t-il.

Concernant le chômage, Éric Lubangu appelle toutefois à nuancer. En RDC, dit-il, beaucoup de personnes travaillent dans des activités informelles, comme les cambistes ou les petits commerçants. Au bout d’une semaine ils gagnent leur pain. Ainsi, ils auront du mal à aller chercher un emploi. “

Pour les deux économistes, la RDC a multiplié des réformes sur le plan économique. Cependant, la population, elle, attend une amélioration concrète des conditions de vie socio-économiques.