Kolwezi: les habitants de Kabila réclament des garanties avant toute délocalisation de l’entreprise CMT

Kolwezi: les habitants de Kabila réclament des garanties avant toute délocalisation de l’entreprise CMT

L’inquiétude plane dans les cellules Kabila 1 et 2 de Musonoie où plus de 2 000 ménages réclament des garanties avant toute délocalisation par l’entreprise CMT. Les habitants interpellent les autorités provinciales sur le projet de délocalisation envisagé par la Compagnie minière Tondo (CMT). Ils réclament un processus « transparent, équitable et conforme à la législation minière » dans une lettre envoyée au président de la Commission provinciale de délocalisation ce 5 août 2026.

Le regroupement représente plus de 2 000 ménages directement ou indirectement concernés par cette opération de délocalisation. À travers la lettre, ils ont également interpellé le gouvernorat de la province du Lualaba, l’assemblée provinciale et le ministère des Mines. Les habitants expliquent que près d’une année après le marquage des maisons, ils ne disposent toujours d’aucune information claire sur le calendrier des déplacements. « Il s’agit par ailleurs des critères d’évaluation des biens, des modalités d’indemnisation ou encore des conditions de réinstallation » Précise la lettre du collectif.

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L’incertitude des délocalisations des communautés CMT

Selon Thomas Kalwebe, la délocalisation doit améliorer les conditions de vie des communautés et non le contraire. « Nous ne voulons pas que la délocalisation soit le motif des détériorations de notre vie et de notre dignité humaine. Nous ne voulons pas subir les expériences négatives des cas des communautés déjà délocalisées qui souffrent aujourd’hui. » A précisé le président du collectif des habitants des cellules Kabila ciblés par la délocalisation.

Les signataires indiquent que cette incertitude est alimentée par les précédentes opérations de délocalisation menées par la société minière CMT. Ils citent notamment les cas de Kabila/Antenne et de la Cellule 14, où plusieurs familles contesteraient les indemnisations reçues de l’entreprise. Les populations délocalisées dénonceraient actuellement la perte et l’absence de mesures de restauration de leurs moyens de subsistance après leur déplacement.

Par contre, les signataires de la lettre précisent aussi qu’ils ne s’opposent ni au développement minier ni aux investissements. Toutefois, les habitants affirment vouloir que les projets soient réalisés dans le respect des droits humains et de la législation congolaise. Cependant, ils rappellent que les opérations de déplacement involontaire sont encadrées par la Constitution, le Code minier, le Règlement minier ainsi que plusieurs normes internationales.

Un processus transparent ?

Par conséquent, les communautés formulent plusieurs revendications. Elles demandent l’organisation rapide d’une réunion officielle avec la Commission provinciale de délocalisation et l’entreprise CMT. Il exige de plus la reconnaissance de leur regroupement comme interlocuteur légitime, ainsi que la publication du Plan d’action de réinstallation (PAR). Mais aussi des études socio-économiques, des critères d’éligibilité et des méthodes de calcul des indemnisations avant la délocalisation.

En revanche, notre source de l’entreprise CMT nous dit que la machine est déjà en marche. « Le processus évolue bien, les identifications des futurs délocalisés ont déjà eu lieu. « La semaine prochaine les indemnisations vont commencer. » Précise notre source, membre de la commission de délocalisation des habitants des cellules Kabila 1 et 2.

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Les cellules de Kabila 1 et 2 font partie de l’ancienne cité de la Gécamines Musonoie. L’entreprise CMT avait fait des sondages et après avoir découvert des gisements miniers. C’est dans ce contexte qu’elle a sollicité la délocalisation de ces communautés pour laisser place à son projet d’exploitation du cuivre et du cobalt. C’est certain, les populations de cette partie de la ville de Kolwezi vivent sur une bande de cuivre et de cobalt que l’entreprise cherche à exploiter. IL est important de signaler que les délocalisations au profit des expansions de projets miniers continuent de créer dans la province du Lualaba des familles sans abri.